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Fiche métier Dirigeante de proximité (responsable d'équipe) chez SNCF | Témoignage vidéo d'un Dirigeante de proximité (responsable d'équipe)

Dirigeante de proximité (responsable d'équipe) chez SNCF

Transcription texte

Principales missions d’une dirigeante de proximité à la SNCF

Bonjour, je m’appelle Hélène, je suis dirigeante de proximité ligne depuis moins d’un an à la SNCF. Être dirigeante de proximité ligne, ça veut dire manager une équipe d’une trentaine de conducteurs de train. Le but de mon métier, c’est de faire en sorte que ces conducteurs fassent leur métier en toute sécurité, que ce soit pour les circulations ou pour les clients, les usagers des transports en commun.

Les conducteurs de train ont eu une habilitation de conducteur quand ils ont passé l’examen et, tous les trois ans, il faut que tous les points sur lesquels ils ont été habilités soient réévalués.

« Imagine que le signal, là, il soit éteint, qu’est-ce que tu fais ? »

Ça passe par l’évaluation de la capacité à conduire de chacun de mes conducteurs, que ce soit au niveau réglementaire ou au niveau technique.

Ici, on est au dépôt du Bourget. C’est ici que l’on va venir ranger les engins moteurs, donc les locomotives, après qu’elles aient fait leur train et c’est là aussi que l’on va les préparer pour le prochain train. Mes conducteurs prennent leur service au Bourget mais, après, peuvent aller un peu partout en France.

Moi, je manage une équipe de conducteurs de train de fret mais, après, je peux être amenée, demain, à manager une équipe de conducteurs de train de voyageurs.

Quotidien d’une dirigeante de proximité à la SNCF

Là, on est en train d’accompagner un conducteur en ligne et ça me permet de voir si les conducteurs de mon équipe sont toujours en adéquation avec ce que l’on attend d’eux au niveau sécurité.

Il y a un peu deux phases : il y a la phase observation où, disons, je ne leur parle mais directement de leur métier mais je regarde comment ils font leur métier ; il y a une autre phase où je vais avoir besoin de leur poser des questions parce que, tout simplement, il y a des points du règlement que je ne peux pas voir de visu, parce que ça ne va pas leur arriver tous les jours.

« - Alors, là, qu’est-ce que tu fais si tu t’aperçois que ton sifflet ne fonctionne pas ? 

- Je dois aviser le régulateur pour savoir où il peut me garer.

- Si tu fais ça, il y a quand même un risque au niveau sécurité, donc on va te demander de te limiter immédiatement à 30 km/h.»*

La deuxième partie de mon métier, c’est le suivi des événements de conduite. Ça veut dire qu’un conducteur, s’il lui arrive quelque chose pendant sa journée de service, il va devoir en aviser son chef direct, en l’occurrence moi.

Ce sont les bulletins de service des conducteurs. Sur cette partie-là, le conducteur va remplir, exactement, de manière codifiée ce qu’il a fait dans la journée.

Ici, il y a la fameuse boîte noire. C’est scellé, donc c’est un élément de sécurité. La boîte noire, c’est le conducteur qui vérifie qu’elle est présente dans la machine au début de son train et c’est cette boite noire qui va enregistrer tout ce qu’il a fait. Mon but, ça va être de mener une sorte d’enquête pour vérifier que ce que le conducteur a fait est bien ce qu’il devait faire et que ce qu’il a fait, c’est bien ce qu’il m’a dit qu’il avait fait.

On voit bien qu’il est parti, il n’a pas dépassé les 20 km/h au début et puis, après, il est monté à 40 km/h et il a été pris en charge par les automatismes de la machine et son train s’est arrêté.

Suite à un événement anormal, il se peut que je demande à un conducteur de venir au bureau pour le prendre en entretien seul à seul.

« - J’ai vu que tu ne t’étais pas arrêté très longtemps, donc je me dis que tu n’as pas dû l’appliquer.

- J’ai compris qu’il fallait que je respecte le 60.

- Qu’est-ce que tu en tires, comme conclusion maintenant ? »

Il nous arrive aussi d’avoir des retours d’autres services concernant un conducteur. On va par exemple avoir un retour du type « tel conducteur a rendu un service exceptionnel » ou, au contraire « tel conducteur ne s’est pas présenté à sa prise de service ». Les retours d’autres services, les événements anormaux qui leur sont arrivés ou les accompagnements que je peux effectuer en ligne vont me permettre d’évaluer un conducteur. Cette évaluation va me permettre de décider, pour tel conducteur, d’attribuer par exemple une prime ou, au contraire, pour tel autre conducteur, d’arriver jusqu’à la sanction.

Avantages du métier de dirigeante de proximité

Ce qui me plaît dans mon métier, c’est d’abord d’avoir une réelle responsabilité déjà très jeune, en sortie d’école d’ingénieurs. Après, ce qui me plaît aussi, c’est l’aspect humain du métier, c’est vraiment faire du management de personnes, avoir réellement une équipe à gérer à 100 %.

Ce qui me plaît, c’est aussi l’aspect autonomie totale de la gestion de mon emploi du temps. Une fois que l’on a reçu une formation, on considère que l’on est vraiment capable de faire notre métier tout seul et, bien sûr, il y a des gens, comme dans tous les métiers, qui vérifient ce que l’on fait. Mais, on nous laisse quand même le choix de ce que l’on décide ou de ce que l’on ne décide pas pour un conducteur.

Les contraintes du poste, je dirais qu’il y en a trois principales. La première, c’est la mobilité géographique, parce qu’il faut être très mobile, parce que l’on peut nous demander de faire le même métier, mais à l’autre bout de la France.

La deuxième contrainte, c’est l’investissement personnel au début puisqu’il y a quand même quasiment deux ans de formation avec de commencer ce métier. On va être formé à la conduite des trains, on va conduire par nous même et après on va être formé pour devenir manager, ce qui nous donne vraiment notre légitimité, après, en tant que responsable d’équipe.

« Il faut vérifier que tous les freins sont desserrés et que tous les équipements de frein sont en bonne position et on se signale. »

La troisième contrainte, ce sont les horaires, puisque, si l’on veut bien faire le métier, il y a un moment où il faut accepter de travailler, des fois, le dimanche ou, des fois, en pleine nuit.

Pourquoi choisir la SNCF

J’ai choisi la SNCF parce que je voulais donner un vrai sens à ma vie professionnelle et je voulais travailler dans une entreprise de services qui sert au plus grand nombre. Là, travailler à la SNCF et, en plus, au fret, pour moi, c’est vraiment à la fois utile et écologique.

Ce n’est pas du tout une passion pour moi, le chemin de fer. Moi, je n’étais pas du tout partie dans cette branche et, en fait, j’ai rencontré un recruteur sur un forum qui m’a présenté les différents métiers proposés à des jeunes sortis d’école et j’ai vraiment eu une sensation de sérieux et que l’on allait vraiment me donner les clés pour exercer mon métier plus tard.

Personnalité requise pour être dirigeante de proximité

Pour moi, un bon responsable d’équipe de conducteurs, il faut qu’il soit très disponible parce qu’être un bon manager, c’est savoir être proche de ses équipes et, savoir être proche de ses équipes, ça veut dire avoir du temps à consacrer à chaque personne.

Il faut aussi avoir envie d’apprendre de nouvelles choses parce qu’il faut savoir se lancer dans un contexte que l’on ne connaît pas du tout et devenir expert dans un domaine.

« Ça, c’est le manipulateur de traction donc par là, c’est la traction et par là, c’est le freinage électrique. Ça c’est le sifflet. Ça c’est le frein automatique qui a une position SOS, comme ça. »

Je pense également qu’il faut avoir beaucoup de motivation parce que c’est un métier assez atypique, que ce soit dans ses horaires ou dans l’investissement personnel que ça engendre, et donc, il faut vraiment savoir pourquoi on le fait.

Perspectives de carrière d’une dirigeante de proximité à la SNCF

Il y a plusieurs perspectives d’évolution possibles. On va dire que l’évolution un peu classique, celle qui est recherchée, c’est de devenir adjoint-dirigeant d’unité de traction puis, par la suite, dirigeant d’unité de traction. Le dirigeant d’unité de traction, c’est celui qui gère tous les chefs d’équipe et donc tous les conducteurs.


Après une formation d'un an sur la conduite des trains et les spécificités du management opérationnel, le dirigeant(e) de proximité (responsable d'équipe de conducteurs de train) pilote une équipe d'une trentaine de conducteurs. Le responsable d'équipe est le garant de la sécurité liée aux opérations de conduite.


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