Vidéo métier
Ingénieur R&D matériel chez Thales
Parcours
Bonjour, je m’appelle Yannick. Je suis responsable technique sur les générateurs solaires pour la division spatiale de Thales. J’ai commencé par une grande école d’ingénieurs orientée généraliste. Après, j’ai travaillé trois ans pour deux groupes de l’aéronautique puis j’ai repris mes études pour une école spécialisée en électronique avant d’intégrer cette division de Thales où j’ai commencé par des fonctions d’architecte mécanique, architecte électrique puis il y a trois ans à peu près, j’ai pris la responsabilité technique des programmes de générateurs solaires.
Missions
Ici, à Cannes, la division spatiale de Thales fait des satellites. Le satellite est composé en deux parties : une partie charge utile qui peut être télécom ou observation et une partie plate-forme dans laquelle il y a les panneaux solaires qui fournissent l’énergie aux satellites. Donc moi, je travaille dans cette partie-là. On a un bâtiment dédié aux générateurs solaires avec une assiette de 120 personnes. A peu près la moitié sont des cadres qui travaillent en amont dans tout ce qui est développement et recherche. Je travaille dans cette partie-là et l’autre partie est la fabrication. On a deux gammes principales de générateurs solaires. Une première gamme qui est pratiquement récurrente, on a très peu d’évolution et donc là c’est vraiment piloté par la fabrication. L’autre partie est plus spécifique et liée à chaque mission. C’est beaucoup plus pour les plates-formes scientifiques et observation où on développe pour chaque nouvelle plate-forme des nouveaux panneaux solaires et c’est dans cette partie-là que j’interviens. Pour la partie générateurs solaires, nous sommes quatre responsables techniques. Je suis plus orienté constellation où on a plus des contraintes spécifiques parce qu’on a un volume de production correspondant à 48 satellites ce qui nous amène à des cadences en phase industrielle d’une aile par semaine. On a donc des contraintes dès le démarrage des programmes pour assurer une industrialisation efficace. Il faut des concepts très simples, très robustes qui s’intègrent avec peu de réglages donc c’est des contraintes relativement particulières pour le spatial. Je travaille au sein d’une équipe projet qui comporte à peu près 8 personnes parmi lesquelles il y a un architecte mécanique qui est responsable du dimensionnement et de la conception de la structure y compris les mécanismes de déploiement, un architecte électrique qui est responsable du développement des technologies, des cellules solaires et de la définition du réseau. Il y a aussi des concepteurs électriques et mécaniques qui sont là pour sortir les plans et produire la définition. Il y a aussi un responsable industriel qui est chargé de la coordination des fournisseurs. Au sein de cette équipe, je suis là pour faire les choix de concept, prendre les décisions d’architecture, les décisions de définition, faire le reporting au client externe, au client final et aussi au management pour présenter l’avancement du programme en termes d’avancement de planning et de coûts. J’interviens aussi dans un autre domaine qui est la réponse aux appels d’offres où là j’ai une fonction d’expertise sur les générateurs solaires pour des missions d’observation relativement variées.
Au quotidien
Je travaille sur plusieurs programmes en parallèle. J’ai typiquement quatre programmes en développement et une dizaine d’appels d’offres sur lesquels j’interviens ponctuellement. Les programmes en développement durent à peu près 24 mois avec 12 mois de développement et 12 mois de fabrication. J’interviens principalement sur la phase de développement. La fabrication est plutôt le suivi de l’avancement et le suivi des anomalies. Une journée typique pour moi correspond à : le matin, des téléconférences avec l’Asie à cause du décalage horaire et le soir avec des fournisseurs américains ; le cœur de la journée est la participation à différentes équipes projets où je suis l’interface avec le client satellite et aussi la coordination en réunion des équipes de développement des générateurs solaires. Une autre partie de mon travail quand je ne suis pas à Cannes, je suis beaucoup en déplacement soit pour aller visiter des clients pour des appels d’offres, soit visiter des fournisseurs. Depuis deux mois, j’étais une semaine en Chine pour faire un audit d’un nouveau fournisseur, j’ai été une fois à Washington chez un client, deux fois en Allemagne, une fois en Italie. Je parcours régulièrement le monde. Donc j’interviens parfois en salle, principalement quand on a des anomalies sur du matériel. Récemment, on a eu une anomalie sur une aile en vibration. On avait des battements dynamiques qui n’étaient pas du tout attendus donc on avait de gros risques de casse de l’aile ce qui aurait été une catastrophe pour le satellite. Il a fallu intervenir en équipe intégrée pour trouver une solution en moins d’une semaine qui permette de tenir les performances attendues. Il a fallu retester la nouvelle solution et donc il a fallu vraiment mesurer les risques que l’on a pris pour ne pas casser l’aile lors de la nouvelle qualification. Au final, cela s’est bien passé, on a réussi à trouver une solution dans les temps et on a le produit qui est qualifié et conforme aux exigences.
Avantages
Ce qui est intéressant et passionnant dans le spatial, c’est que le produit évolue dans l’espace donc c’est toujours magique d’assister à un tir et de savoir que ce sur quoi on a travaillé va voler dans l’espace. C’est une partie, un côté magique. Il y a l’aspect aussi haute technologie mais dans des contraintes commerciales, c'est-à-dire que l’on a des contraintes plannings. Il faut faire de la science mais à un prix identifié dans un planning identifié. Les générateurs me permettent d’associer le côté mécanique et électrique, ce qui correspond à ma formation et dans un domaine très ouvert à l’international puisque l’on a des fournisseurs et des clients qui sont partout dans le monde. L’inconvénient de ce domaine, c’est les temps de qualification qui peuvent être très longs. Par exemple, en ce moment, on a des petits morceaux de panneaux sur lesquels on effectue des cyclages de chaud-froid et cela dure un an et demi. Il faut attendre très longtemps avant d’avoir le résultat et d’estampiller le produit conforme. Cela peut donc avoir un côté frustrant.
Entreprise
Ce qui m’a plu chez Thales, c’est que c’est un grand groupe industriel concret. On peut faire de l’amont et de l’aval, on livre des produits et des satellites opérationnels en orbite. Il y a une passion pour le métier spatial. Je l’ai découvert lors de l’entretien, c’est ce qui m’a décidé en fait parce que lors de l’entretien d’embauche, on m’a directement emmené en salle blanche pour regarder concrètement sur le matériel, ce que l’on attendait de moi. J’ai vu que mon responsable avait vraiment la passion, je le vois aussi chez les chefs de programme qui considèrent leur satellite un peu comme leur bébé et donc ils veulent qu’il soit le plus beau possible et qu’il s’épanouisse le mieux possible. Cela a un côté qui est dans un environnement relativement favorable pour l’épanouissement.
Personnalité
Les qualités pour travailler chez Thales, c’est un goût prononcé pour la technique parce que l’on fait des produits de haute technicité. Il faut aimer s’investir et s’investir de manière consciencieuse. Un satellite ne peut pas se réparer en orbite donc il faut être sûr à chaque niveau que ce que l’on a fait est conforme et qu’il va fonctionner. On ne peut pas vérifier ce que font les autres, c’est un élément essentiel donc la confiance existe mais il faut aussi assurer derrière. Un autre aspect est le travail en équipe. On est chacun responsable d’un domaine un peu spécifique, chacun est expert dans son domaine donc il faut accepter de travailler en équipe, prendre en compte les contraintes des autres et bien exprimer les siennes. Un autre aspect est celui de l’international. On est amené à travailler avec des fournisseurs et des clients partout dans le monde, donc il faut aussi accepter l’interculturel avec des fournisseurs qui ne comprennent pas forcément la même chose que nous, qui ont un autre mode de fonctionnement, d’autres organisations. Si on est flexible et consciencieux, on s’en sort bien.
Perspectives
L’évolution au sein de Thales, c’est une entreprise technologique donc il faut entrer dans le cœur du matériel, le cœur de technologie. On commence principalement par des fonctions d’architecte pour acquérir justement l’expertise technique. Une fois que l’on a atteint ce niveau-là, on évolue généralement vers un poste de responsable technique et après tout est ouvert. On peut soit rester dans l’expertise, rentrer dans un détail, être expert dans un domaine, soit faire du management de projet plus conséquent soit du management d’équipe et là le volume d’expertise technique va diminuer, il faut transmettre le savoir mais on fait plus de la coordination, ou alors on peut évoluer en transverse, aller dans d’autres parties du satellite, explorer progressivement toutes les fonctions pour finir responsable technique satellite par exemple ou chef de programme satellite.
- Fiche métier correspondante : Ingénieur recherche et développement








