Vidéo métier
Ingénieur système chez Thales
Parcours
Bonjour, je m’appelle Jean-Marc. Je suis chef du département Ingénierie. J’ai fait une filière électronique-automatisme à l’université puis j’ai intégré une PME où j’étais technico-commercial pendant deux ans. Ensuite j’ai intégré Thales, où au début j’étais ingénieur études et développement analogique, hyper fréquences, un peu de numérique et progressivement j’ai basculé sur de l’intégration système et depuis dix ans, je fais du radar. Dans un premier temps, j’étais sur le radar du Mirage 2000 et cela fait deux ans aujourd’hui que je suis le chef du département Ingénierie Radar destiné aux Rafales que l’on appelle le RBE2.
Missions
Le département Ingénierie Radar comprend 100 personnes. Les missions sont le développement du radar pour le Rafale. Deux versions essentielles, la première version dont le développement a démarré dans les années 90 qui est aujourd’hui le radar dans les forces. Le département, aujourd’hui, assure le maintien en conditions, les évolutions du radar pour les forces armées françaises. Depuis l’année 2000, nous sommes en train de développer une nouvelle génération de radars plus performants avec des nouvelles technologies qui sont destinés à la nouvelle génération de Rafales et notamment pour nos programmes export. Le département Ingénierie comprend quatre grandes activités. La première activité correspond à la gestion des programmes et des projets. La deuxième activité correspond à l’ingénierie systèmes. La troisième activité correspond à l’ingénierie logiciels et développements logiciels. La quatrième activité est l’intégration radar et l’intégration sur les systèmes d’armes et également la validation en vol qui est très importante. L’activité projets en fait et à faire est là pour faire l’interface avec les clients qui sont en général des gouvernements. Ils font l’interface sur les aspects coûts, plannings et qualité du produit et traduisent les besoins des opérationnels qui sont des pilotes de chasse en l’occurrence vers l’ingénierie système qui va traduire ces besoins opérationnels en spécifications techniques compréhensibles par les différents métiers nécessaires à la fabrication et au développement d’un radar. Ces spécifications techniques font l’objet d’une discussion importante avec les pilotes de chasse, les opérationnels et sont dans l’aspect critique du développement et seront donc fournis à l’ingénierie logicielle et matérielle pour le développement du radar. L’ingénierie logicielle, en l’occurrence fera le développement logiciel, l’ingénierie et la R&D matérielle feront le développement matériel et l’intégration radar qui est la dernière étape intègrera le radar et le logiciel pour en faire un équipement radar opérationnel et fera la validation également sur le système d’armes et sur l’avion. Cela se traduit par des essais en vol avec l’avionneur et éventuellement avec le client. Donc, le responsable ingénierie système est le véritable chef d’orchestre du développement radar. C’est lui qui est capable de traduire les besoins du client et des opérationnels en spécifications techniques, c’est lui qui va aussi organiser et définir les architectures du radar, les choix technologiques avec l’ensemble des métiers et après définir la stratégie de développement du radar jusqu’à l’intégration et la validation sur l’avion d’armes.
Au quotidien
Fin des années 2000, les opérationnels c'est-à-dire les pilotes et les mécaniciens nous ont demandé des évolutions majeures sur le radar, notamment une évolution de la portée qu’ils jugeaient insuffisante. Cela nous a obligé, les équipes d’ingénierie matérielle et ingénierie système à travailler avec les opérationnels pour affiner le besoin et définir une nouvelle architecture du radar. Cette architecture est basée sur des nouvelles technologies hyper fréquences qui nous permettent de faire un balayage électronique actif. Nous avons également profité de l’occasion pour passer sur des calculateurs du commerce, c'est-à-dire basé sur des cartes Power PC que l’on trouve dans tous les PC et les Mac aujourd’hui. Ceci nous permet également d’améliorer notre compétitivité en termes de développement logiciel et qui est aujourd’hui basé sur des logiciels plus spécifiques, sur des machines plus spécifiques donc très propriétaires et peu adaptés à des ingénieurs qui sortaient de l’école. Aujourd’hui, nous avons un calculateur qui travaille en langage C sur des calculateurs, sur des compilateurs standard ce qui nous permet énormément d’améliorer la compétitivité et d’avoir des équipes plus jeunes de développement et moins expérimentées. L’ingénieur système qui a permis de développer ce nouveau prototype de radar a traduit les besoins opérationnels, c'est-à-dire des pilotes, des mécaniciens en spécifications techniques et cela a permis de réaliser un démonstrateur en vol au bout de quatre ans qui nous a permis aujourd’hui de lancer le développement de l’antenne active et du radar antenne active qui est aujourd’hui en développement et qui va se terminer dans deux ans. Pendant ces quatre ans, l’ingénieur système pendant six à huit mois a écrit et validé les spécifications techniques. Ces spécifications techniques sont destinées aux différents métiers logiciels et matériels pour les développements. Il a ensuite pendant deux ans piloté le développement du matériel et du logiciel et préparé la phase d’intégration. La dernière année s’est traduite par une phase d’intégration où est définie la stratégie d’intégration au sol et en vol avec les équipes d’intégration dont on a parlé tout à l’heure. La phase d’intégration consiste à récupérer, à recevoir les matériels, logiciels, à les assembler et à vérifier que l’ensemble du système, c'est-à-dire matériels, logiciels, répondent bien aux besoins opérationnels qui ont été définis au début du programme. Là, l’ingénieur système intervient pour vérifier, en effet, que les exigences clients ont bien été vérifiées et sont conformes aux ordres opérationnels.
Avantages
L’intérêt du métier d’ingénieur système porte sur quatre points à mon avis. Le premier est tout simplement la diversité des technologies rencontrées que ce soit avec l’avionneur ou en interne ou en R&D ou en technologie de pointe. Le deuxième point est plutôt l’axe management puisque l’ingénieur système est un manager fonctionnel. Il doit animer une équipe pluridisciplinaire donc le point fort est vraiment l’animation, le travail en équipe. Le troisième point est l’innovation bien sûr technologique mais aussi dans les process et les façons de travailler pour aller plus vite et améliorer la qualité du produit. Le quatrième point concerne la mise en place de réunions particulières avec les opérationnels où nous leur montrons par exemple les IHM, les boutons, les interfaces avec le radar pour répondre, dès la livraison du radar, aux besoins vraiment exprimés par l’opérationnel. Ces réunions sont périodiques et c’est vraiment gratifiant pour l’ingénieur système de rencontrer les opérationnels tout le long du développement et de voir un pilote satisfait dans son avion d’armes. Ce qui peut être frustrant pour l’ingénieur système, c’est les choix que l’on fait en début de programme qui sont parfois un peu ambitieux avec des risques et des coûts sur les programmes qui sont très élevés ou manquent parfois justement d’ambition pour préparer l’avenir. Ce dilemme en début de programme est quand même assez difficile et c’est cela qui fait un bon ingénieur système, c’est de savoir écouter les équipes, faire le meilleur choix, écouter les anciens aussi, cela peut servir. C’est un bon compromis d’innovation et de sécurisation du programme.
Entreprise
Pourquoi suis-je à Thales ? Tout d’abord pour l’aspect technologie qui est très développé à Thales puisqu’en fait c’est la condition pour gagner des parts de marché. Une grosse partie de l’activité est basée sur le développement des technologies et la mise en œuvre dans les produits. Le deuxième point concerne les ressources humaines qui est un point crucial à Thales, sur le développement des compétences, le développement des métiers, le développement des technologies. Pour illustrer, je passe dans ma semaine beaucoup de temps avec la responsable des ressources humaines pour accompagner les équipes en termes d’évolution de carrière, d’évolution de compétences.
Personnalité
Les compétences clés pour l’ingénierie système sont d’abord le panel technique donc mathématique, électronique, automatisme qui sont nécessaires, éventuellement mécanique. Le deuxième point qui est peut-être le plus important est le travail en équipe. L’ingénieur système ne sait pas travailler tout seul en fait donc c’est un travail en équipe. C’est vraiment un animateur d’équipe. C’est comme cela qu’en fait, on réussit le développement. Ensuite, l’esprit de synthèse, présenter un dossier, l’expliquer, l’aspect pédagogique est très important. Le dernier point est la résistance au stress. On doit faire des choix structurants mais les faire rapidement donc il y a un compromis entre la vitesse et la qualité des décisions qu’il va prendre sur le programme.
Perspectives
Pour devenir ingénieur système, on commence habituellement par des métiers techniques d’ingénieur, développement matériel, logiciel ou intégration radar. Ce qui est important, c’est la multiplicité des expériences en fait qui sont complémentaires dans les différents métiers. Après quelques formations particulières sur le process ingénierie système, on devient ingénieur système donc l’ingénieur système a un peu de bouteille, en fait. Il a un peu d’expérience et la suite, je dirais presque logique, peut être chef de service d’un service ingénierie système comme moi ou il peut partir également sur l’aspect gestion de programmes parce qu’il a une expérience technique qui lui permet de dialoguer avec les opérationnels. C’est quand même un point fort sur l’aspect programmes et projets.
- Fiche métier correspondante : Autres métiers R&D / Etudes / Innovation








