Vidéo métier
Ingénieur méthode chez Thales
Parcours
Bonjour je m’appelle Karen je suis responsable méthodes chez Thales et j’ai un parcours atypique puisque j’ai d’abord démarré par la faculté puis jusqu'à un maîtrise puis ensuite j’ai fait une école d’ingénieur qui est l’INSA Lyon pendant deux ans, je suis ensuite sortie de cette école en me demandant ce que j’allais faire sachant ce que je ne voulais pas faire, donc je suis partie avec une série de prestations travailler dans l’aéronautique en tant qu’ingénieur méthodes pendant deux ans. Ensuite j’ai travaillé dans une société qui fait de la protection passagers pilotes civils et militaires pour les avions toujours en tant qu’ingénieur méthodes et je suis arrivée ensuite il y a un an et demi dans le groupe Thales en tant que responsable méthodes.
Missions
Nous sommes sur le site de Limours, Limours c’est 700 personnes. C’est un site qui fabrique du radar militaire essentiellement terrestre mais aussi naval. Cela explique aussi les dimensions de nos bâtiments de par l’encombrement et la masse de nos produits qui sont très encombrants. Donc moi je fais de l’industrialisation, alors qu’est-que c’est l’industrialisation ? C’est passer d’un plan à la réalité. Alors pour ça on commence d’abord par intervenir au sein du bureau d’études donc le bureau d’études fait en schématisant des plans, définit par rapport à des fonctions tout ce qui doit être fait pour répondre à un besoin client. Ensuite nous, nous intervenons pour faire que cette définition soit la plus concrète possible, la plus fabricable et la plus facilement mettable sur le terrain. Donc on intervient en fait en disant attention ce que vous faites c’est très bien, mais il faudrait ici que on enlève par exemple un rayon parce que ca coûte trop cher ou parce que c’est très difficilement fabricable ; c’est aussi indiquer que si on le faisait comme ça, ça nous impliquerait un ordre de montage difficile donc il faudrait alléger pour effectivement, c’est toujours des gains de coûts chaque fois. C’est aussi limiter du coup le nombre d’outillages en facilitant dès le départ la conception, donc c’est vraiment un travail au quotidien qui est à faire entre le bureau d’études et les méthodes. Une fois que cette phase est passée et là j’allais dire avant même qu’elle se termine on a la partie rédactionnelle qui est à enclencher, donc c’est comment monter cet instrument la, c’est d’écrire tout le process dans le détail, c’est je prends tel sous-ensemble et je le monte avec telle vis, tel tournevis, telle colle etc. Et c’est vraiment d’être le plus concret possible pour qu’une personne qui n’a pas vu les plans, qui n’a pas vu toute la conception, puisse le monter sans problème. Tout ce process peut effectivement après évoluer en cours de montage quand on voit après sur le terrain tout ce qui se passe. En plus de cette phase là on a aussi tous les outillages après à concevoir pour faciliter le travail au quotidien donc c’est un travail et de définition et de lancement au niveau des achats et de suivi après de ce qui a été lancé et de validation d’ailleurs. Après cette phase là il y a toute la partie de choix entre je sous-traite ou je fabrique en interne, ça, ça se fait en collaboration avec les achats, où on donne notre avis sur, techniquement, attention on prend un risque ou on ne prend pas de risque, l’évaluation de ce risque là est-ce que c’est un support important vis-à-vis du sous-traitant ou non, et du coup c’est également un travail de collaboration aussi à ce niveau la. Ensuite le final c’est de travailler avec l’atelier pour : un les former sur le matériel que va arriver et puis, aussi, en cas de problème après production, faire un support production. Cela veut dire à la moindre question qui se pose, être là, ça veut dire tel matériel ne se monte pas, pourquoi ? Est-ce que c’est un problème de définition ? Est-ce que c’est un problème de conformité matériel et ça veut dire aussi faire évoluer tous nous documents et notre architecture de montage en cours de production.
Au quotidien
Mon équipe travaille aujourd’hui sur une dizaine d’affaires, je travaille moi sur une partie de ces affaires là et, en l’occurrence, c’est une affaire qui a démarré il y a un peu près un an où un client nous a demandé de répondre à une problématique de bord de mer, un radar pour bord de mer avec des spécificités. Les problématiques dans ces cas là c’est de répondre à un brouillard salin qui érode beaucoup, c’est de répondre aussi à des vents de sable parce qui dit bord de mer dit vent de sable, et donc ça comporte plusieurs particularités. Ca a ensuite démarré environ un an après, le temps que toute l’affaire, appel d’offre, se fasse ; on a démarré, on a eu la signature et ça a démarré en conception où là, pendant quelques mois, deux trois mois environ, le bureau d’études a travaillé seul pour au moins définir les premiers éléments. Une fois que cette étape est passée là l’industrialisation donc j’ai dû intervenir en fait pour, concrètement, aller faire des revues de plans, sur les plans et sur les maquettes on regardait un petit peu comment aller sur les montages, est-ce que ça répondait bien à une problématique, est-ce que les visseries étaient standards, pas standards, donc est-ce que c’est quelque chose de cher ou pas cher, est-ce que c’était quelque chose d’homogène ou pas homogène, est-ce que c’est quelque chose de montable ou de difficilement montable. Voilà, c’est du travail concret de terrain qu’on a eu à faire sur le plan ou sur des 3D directement, et on se voyait quotidiennement avec le bureau d’études ; en cas de demande de modification de plan du bureau d’études, je transformais en fait ces plans, on les revalidait après. Donc au bout de quelques mois en fait, on arrive ensuite à une définition qui est partagée et par le bureau d’études et par les méthodes on est tous d’accord avec ça, ce qui ne veut pas dire que ça évoluera pas ensuite dans la vie du produit. Mais à la suite de ça moi je peux écrire des documents qui décrivent complètement le process avec le détail vraiment de ce qu’il y a à monter, je prends tel produit, je le monte avec les vis, je monte avec tel coude de serrage, etc. Donc ça c’est une étape en fait qui se fait en partie en parallèle avec la fin de la conception de façon à ne rien oublier dans les détails à avoir toutes les petites astuces. Comme c’est des produits qui sont techniques il faut vraiment rien oublier. Ensuite c’est aussi en parallèle de tout ça, arriver à trouver toute une architecture produit. Alors ça veut dire quoi : architecture produit dans mon langage ? Ca veut dire décrire dans quel ordre je vais monter les choses, avec combien de personnes ou combien de temps. Ensuite nous sommes aujourd’hui dans une phase où on va démarrer la présérie dans quelques jours, donc ça veut dire que là j’entre dans une phase de formation en fait des personnes où je vais bientôt avoir une réunion, en fait, avec 5 /6 personnes à peu près, pour les former sur ce qui va leur arriver, le produit qu’est-ce que c’est, comment je le monte, s’il y a des évolutions me les transmettre, et c’est vraiment familiariser les gens avec ce qui va leur arriver.
Avantages
Alors pourquoi ce métier ? C’est un métier que je fais depuis que j’ai quitté l’école et je suis restée dedans parce que c’est quelque chose d’ultra motivant en tout cas en ce qui me concerne, pour plusieurs raisons : la première c’est que ça me permet de rencontrer des personnes différentes de tous horizons, ça me permet aussi de rencontrer différentes techniques parce que j’ai pu voir et des moteurs d’avions et du câblage et de la mécanique et de l’hyper fréquence. Donc j’apprends en permanence et je continue d’apprendre, c’est quelque chose qui est vraiment très motivant. C’est un métier aussi qui me permet d’avoir accès à différents types d’ateliers et en plus surtout c’est un métier dans lequel je peux bouger, je suis rarement assise à ma chaise, donc en fait si on n’a pas envie d’être assis à sa chaise, c’est un métier qu’il faut faire, si on a envie d’être assis il ne faut pas le faire. La contrepartie en fait de ce métier c’est que ça peut amener des fois certaines frustrations parce qu’il faut qu’on réponde très rapidement pour éviter les arrêts production, à un problème qui peut intervenir et donc ça peut amener une frustration en termes techniques parce qu’on n’a pas forcément été jusqu’au bout de la technicité mais par contre on a répondu le plus rapidement possible, c’est ce qui est notre métier.
Entreprise
Pourquoi je suis venue chez Thales ? Il y a plusieurs raisons à nouveau à cela. La première c’est que c’est une société qui me permet d’avoir des techniques très différentes et précises, on rentre dans la haute technologie sur un produit donc c’est ce qui m’intéresse ; une autre raison c’est l’envergure du groupe qui me permet d’évoluer ou qui va me permettre d’évoluer avec tous les choix différents qu’il y a, et au sein de la même filiale mais aussi au sein d’autres filiales. Et enfin dernière raison c’est la capacité du groupe à rebondir et les résultats qu’il a. C’est un groupe qui marche bien, qui a de bons résultats c’est aussi une des raisons pour laquelle je suis dans ce groupe, pour sa stabilité. Ce qui me fait rester aujourd’hui chez Thales c’est d’une part l’ambiance qu’il y a qui est très conviviale au quotidien, il y a beaucoup d’échanges et sur le quotidien et intellectuellement, ce qui est très enrichissant. Une autre des raisons c’est qu’aujourd’hui l’industrialisation est un métier en évolution, avant on était surtout quelqu’un qui faisait du montage pur et dur, maintenant on devient l’intégrateur plutôt de systèmes, on a un cran au dessus donc le métier évolue et Thales me laisse la possibilité de faire évoluer ce métier à peu près comme je l’entends.
Personnalité
Un des facteurs qu’il faut pour s’épanouir et réussir dans ce métier c’est d’abord d’avoir une très bonne communication, ne pas être un solitaire, aimer dialoguer, communiquer, échanger, apprendre. Parce que si on ne le fait pas il y a beaucoup d’informations qu’on n’aura pas et qui seront bloquantes, et on n’arrivera pas, en fait, à optimiser l’ensemble du process. Un deuxième élément qu’il faut c’est avoir beaucoup de rigueur parce qu’il faut vraiment aller dans le détail de chacune des problématiques pour être sûr de ne rien oublier ; le moindre oubli peut causer après un énorme problème de production. Un des éléments qu’il faut aussi avoir c’est aimer la technique puisque on a quand-même beaucoup d’échanges avec la définition, il faut comprendre tout ce qui se fait, tout ce qui s’écrit tout ce qui se dessine, mais il faut aussi être un homme de terrain puisqu’il faut parfois, et même assez souvent mettre les mains dans le cambouis pour comprendre et arriver bien à optimiser le process qu’on a choisi.
Perspectives
Donc les évolutions possibles quand on est dans ce métier là c’est soit d’avoir plutôt un rôle d’expert où on est en soutien en fait de l’équipe techniquement. L’autre possibilité c’est de monter en puissance en termes transverses c'est-à-dire en termes de gestion de projets. Les possibilités à l’extérieur il y en a vraiment diverses parce que on est en contact avec différents services, c’est par exemple aller vers les achats, vers la logistique, vers la sous-traitance, vraiment plein de possibilités. En ce qui me concerne ça fait un an et demi que je suis à ce poste là donc j’ai encore quand même quelques années à mettre en place et mon poste, mon métier mais j’aimerais évoluer vers un contact un peu plus client par la suite.
- Fiche métier correspondante : Ingénieur méthode








