Vidéo métier
Chef de projets chez Veolia Environnement
Parcours
Bonjour. Je m’appelle Olivier. Je suis chef de projets chez Veolia Transport, la filiale transport de Veolia Environnement. Mon travail consiste à concevoir et à répondre à des appels d’offres pour des collectivités territoriales qui peuvent être des villes, des départements, voire des régions. J’ai une formation initiale d’ingénieur de l’École des Mines de Nancy, spécialisée dans la logistique. J’ai complété cette formation par une spécialisation en aménagement du territoire et en transports, aux Ponts et chaussées. Cela fait sept ans que je travaille chez Veolia Transport. J’ai tout d’abord commencé dans l’est de la France, dans une filiale interurbaine, où j’ai pu découvrir les fondamentaux de l’entreprise, c'est-à-dire la production, l’exploitation. J’ai été amené à travailler avec des responsables d’exploitation qui gèrent des conducteurs et des chefs d’ateliers qui s’occupent des flottes de véhicules. Puis j’ai travaillé dans une direction régionale pour développer des petits réseaux de transports, ce qui m’a permis de découvrir la technicité du métier urbain de Veolia Transport. Cela fait depuis un an que je suis au siège où je travaille comme chef de projets.
Missions
Veolia Transport gère des réseaux de transports et participe de la vie, de la mobilité dans une ville. Concrètement une ville va confier à Veolia la gestion de son système de transports. C'est-à-dire que la ville gardera toute la maîtrise et toute la décision politique pour la gestion de la mobilité, mais Veolia l’exécutera et bien évidemment conseillera la ville pour faire évoluer, pour définir qu’elle est l’offre la plus adaptée aux besoins d’une ville. Cela peut se traduire de différentes manières. La ville va dire à Veolia, dans le cadre d’un appel d’offres, qu’elle voudrait mettre l’accent sur l’environnement et décongestionner le centre-ville qui a trop de voitures. Comment faire en sorte pour que le réseau permette d’atteindre cet objectif ? Pour gérer ces réseaux, il faut d’abord répondre à l’appel d’offre pour concevoir un produit, imaginer un projet et le vendre à la ville. C’est dans ce domaine-là que j’interviens. Concrètement, pour répondre à un appel d’offres, il faut d’abord un cadrage, il faut bien comprendre et synthétiser les attentes de la ville, ses besoins. L’évolution que les élus ont décidée pour leur agglomération. Une fois ce contexte et les orientations définis, on va pouvoir bâtir l’offre. L’offre repose sur différents domaines. Tout d’abord les lignes : les itinéraires, les horaires, le choix du fonctionnement. C’est ce que l’on appelle l’offre. On a un certain nombre d’expertises là-dessus, des experts, puisque c’est la plus grande valeur ajoutée que l’on va apporter à notre dossier, mais c’est aussi le choix des véhicules, le choix de la taille, de la norme environnementale, du niveau de confort qui va constituer le réseau. Il y a également toute la question de la production, c'est-à-dire la question sociale du réseau puisqu’il va falloir produire et une entreprise de transport en commun atteint vite une taille de 100 à 500 salariés, il faut donc imaginer un projet social, un projet d’entreprise. Bâtir l’offre est aussi se mettre à la place du client. Imaginer un parcours, simplifier au maximum la démarche pour un voyageur donné afin de rendre compétitif le transport en commun par rapport à la voiture, puisque l’on veut crédibiliser les transports pour inciter les gens à les utiliser. Les transports en commun, c’est aussi une approche commerciale. Comment promouvoir cet usage dans ville ? C'est-à-dire ne pas parachuter un réseau de bus, mais vraiment l’insérer dans la ville, le rendre comme un réflexe pour ses habitants. Il faut qu’il soit dans la tête de tout le monde pour qu’il puisse être utilisé. Le réseau de bus est aussi un certain nombre d’infrastructures, des questions logistiques qui vont du dépôt à l’approvisionnement en gasoil qu’il faut pouvoir organiser, planifier et prévoir. L’ensemble de ces domaines va constituer l’offre à proprement parlée. Cette offre, on va la formaliser à travers une convention, un contrat qui finalement sera le lien entre nous, l’exploitant, et notre client, la collectivité. Une fois tous ces domaines définis, on va pouvoir calculer le prix qui sera notre prix de vente et qui sera la proposition financière que l’on va faire à la ville dans le cadre de la compétition de l’appel d’offres.
Au quotidien
Concrètement, comment cela se passe-t-il au quotidien ? Je vais prendre un exemple. Je vais vous raconter ma journée d’hier. Je travaille actuellement sur l’appel d’offres de la ville de Brest. J’ai une problématique très particulière : La gare SNCF est un peu enclavée et, donc, qui est déconnectée du réseau de bus. Entre le pôle d’échange des bus et la gare il y a 300 mètres et cela est un problème puisqu’un de nos objectifs est de faciliter l’intervalle, c'est-à-dire la correspondance, la connexion entre le train et le bus, pour des gens qui viennent de loin et qui vont devoir, arrivé à la gare, trouver leur bus. Je me suis rendu hier à Brest, pour une visite de terrain, pour voir physiquement, comment se situait la gare par rapport à ce pôle d’échanges. J’ai pu aller sentir cela sur le terrain. C’est très important parce que les sensations sont tout aussi importantes que les études sur les plans qui finalement ne parlent pas beaucoup. J’avais un rendez-vous avec un responsable de l’agence d’urbanisme de la ville de Brest, pour lui demander son avis, pour échanger et surtout pour savoir s’il y avait des projets de réaménagement de ce secteur à moyen ou long terme. J’ai pu échanger avec lui et comprendre plus précisément encore quels étaient les problèmes pour la ville. Je suis revenu au siège en début d’après-midi pour une réunion de cadrage sur ce point avec les décideurs du projet, c'est-à-dire qu’il y avait le directeur régional de la zone Ouest. Il y avait également des experts de l’offre de Veolia Transport. On a discuté ensemble de ce sujet et on a convenu de notre stratégie de réponse qui consistait à la fois à mettre en place une navette électrique pour relier la gare à ce pôle d’échanges et à accompagner tout cela avec une démarche d’urbanisme. Ce qui nous a conduits à faire appel à un urbaniste que je vais lancer très prochainement pour réfléchir à une manière d’humaniser le corridor de 300 mètres afin de rapprocher dans le perçu des voyageurs cette distance. On peut imaginer de mettre des pas sur le sol, on peut imaginer de planter des arbres, de travailler la signalétique, d’avoir quelque chose de très spécifique pour rendre agréable ce trajet de 300 mètres qui prend 5 minutes à faire, mais qui finalement met une cassure dans le transport. Suite à la réunion, je suis allé voir notre expert développement durable pour faire un point avec lui sur l’évolution de la technologie des batteries, afin de savoir s’il est réalisable de mettre un véhicule électrique pour assurer cette navette entre la gare et le pôle de correspondances. Je suis également allé voir notre expert graphiqueur, c'est-à-dire celui qui va traduire le service d’une navette toutes les dix minutes entre cette gare et ce pôle d’échange qui sont distants de 300 mètres. Il va traduire ce niveau de service en nombre de conducteurs nécessaires pour produire, en nombre de véhicules et en litres de gasoil consommés. Ces différents éléments, les unités d’œuvres, vont me permettre d’aller voir le financier, celui que va chiffrer l’offre pour pouvoir traduire cela avec un coût. Une fois tous ces points calés, une fois que l’on a réussi à conceptualiser notre produit, notre offre, je vais retourner dans mon bureau pour pouvoir formaliser tout cela dans une proposition commerciale que l’on va finalement remettre en bout de chaîne à notre collectivité.
Avantages
Ce qui me plaît dans mon métier est d’abord le domaine des transports. La finalité des transports en tant que telle, c'est-à-dire travailler sur des villes, permettre qu’elles se développent de façon durable. On se rend bien compte que sur les questions de développement durable, d’environnement, on va vite avoir des problèmes si l’on continue comme cela. Donc, travailler sur les transports publics, c’est évidemment une composante très importante de l’évolution future des villes. Cette finalité, au-delà de l’environnement c’est aussi une finalité sociale. C'est-à-dire qu’il y a une notion de solidarité. Il y a beaucoup de gens aujourd’hui qui ne pourraient pas se déplacer, qui n’auraient pas accès à des biens de culture, à des loisirs, et même de l’emploi s’il n’y avait pas des réseaux de transports en commun. Cette finalité est d’abord ce qui m’a attiré dans ce métier. Ce qui me plaît dans le poste que j’occupe de chef de projet, c’est finalement, et assez généraliste, l’aspect transversal du métier. Je suis à l’interface de beaucoup de compétences, et je suis amené à coordonner le travail, à faire travailler ensemble des personnes de profils et d’horizons variés, avec des financiers, des techniciens de l’offre, des experts du moteur pour le développement durable, des juristes, etc. Faire travailler ensemble toutes ces personnes, mixer ces différents domaines me plaît puisque c’est avec ces interfaces finalement qu’on va pouvoir être plus créatifs et imaginer des choses innovantes. La réponse aux appels d’offres génère une contrainte qui peut parfois être importante : c’est la gestion du temps. On est totalement tributaire du planning que nous impose une collectivité, quand on répond à l’appel d’offre, ce qui va parfois générer des à-coups assez importants dans le travail et donc nous empêcher de maîtriser totalement notre temps.
Entreprise
Pourquoi le choix de Veolia Transport ? À l’origine ce choix était la rencontre de mes champs de compétences qui étaient la logistique et l’urbanisme que j’ai su retrouver dans le transport. Ensuite, Veolia Transport et Veolia environnement c’est l’expert des services urbains. Au-delà du transport, il y a un certain nombre d’autres compétences que l’on développe. Pour moi qui m’intéresse beaucoup aux villes et au milieu urbain, il était assez naturel de vouloir travailler chez Veolia. Une autre raison aussi, c’est le management de Veolia Transport et finalement les valeurs qui sont traduites dans son management. On est très vite responsabilisé et on peut très vite travailler avec une forte autonomie, ce qui m’intéresse. C'est-à-dire que les postes ne sont pas rigides et que le parcours est construit au fur et à mesure, un peu sur mesure, ce qui est très valorisant et très motivant quand on est un jeune cadre.
Personnalité
Pour réussir dans ce métier, il faut tout d’abord de l’écoute, avoir une capacité à s’entourer, à écouter les experts, des gens d’expérience, des gens de terrain ou des clients voyageurs, puisqu’on fonde aussi notre savoir sur leur retour, sur leur vécu. L’écoute est donc très importante dans ce métier. Une autre qualité importante pour réussir dans le métier de chef de projet est la persévérance. Une fois l’orientation définie, une fois le cadrage déterminé, il va falloir faire travailler ensemble des gens de profils très variés et donc il est très important de pouvoir tenir le cap, de pouvoir tenir la barre pour pouvoir conserver une cohérence au projet d’ensemble. La persévérance est très importante. Enfin, je pense qu’il est important de se rappeler pourquoi on est là. Il faut toujours l’avoir à l’esprit. On travaille tout de même dans un secteur très particulier c'est-à-dire qu’on est quasiment dans le parapublic, donc il faut constamment avoir à l’esprit que l’on travaille pour des collectivités et au final l’argent qui nous paie est de l’argent public, du denier public et c’est très important. Il y a un respect très important à avoir et une prise de conscience permanente à avoir dû ce pour quoi on travaille. On travaille pour la collectivité et c’est très important.
Perspectives
Les évolutions, suite à un poste comme celui que j’occupe aujourd'hui, sont de deux ordres. Il y a d’abord la voie opérationnelle, c'est-à-dire sur le terrain. Le poste naturel derrière est un poste de direction d’une filiale, c'est-à-dire diriger un réseau de transports en commun dans une ville donnée. Un réseau de transport va de 50 à 200, 300 salariés pour les réseaux moyens. L’autre perspective d’évolution est de rester au siège et d’imaginer les mobilités de demain, c'est-à-dire être chef de produit, concevoir des produits tout à fait innovants. Aujourd’hui on parle beaucoup d’autolib’, de voitures sur le même format que les vélib’. C’est ce que l’on peut imaginer juste pour demain et après-demain. Il y a encore beaucoup de choses à penser, à imaginer, à concevoir.
- Fiche métier correspondante : Autres métiers R&D / Etudes / Innovation












