Que faire de sa vie ? Identifier des pistes de job quand on est (un peu) perdu

Big 1

Il survient parfois des périodes où l’on se sent un peu décalé. Décalé par rapport à ses amis, sa famille, ses collègues ou ses camarades de classe. Décalé par rapport à soi-même, aussi. Ce sont des moments que tout le monde traverse un jour ou l’autre, et que personne d’autre que soi-même ne peut surpasser.

Là où le bât blesse, c’est que ces moments où l’on se sent perdu peuvent ou bien déteindre sur, ou bien exclusivement s’appliquer à votre vie professionnelle. 

Voilà le topo,

Vos amis sont en stage ou s’excitent car ils préparent tel ou tel test qu’une entreprise les a invités à passer en assessment center. Vos parents et grands-parents vous tannent quant à eux afin de savoir si vous aviez finalement décidé entre devenir Président de la République, entrepreneur, ou neurochirurgien-philanthrope-cosmonaute. Et malheur à vous si vous osez esquisser une réponse du type « mon cœur balance entre révolutionner les communications inter-synaptiques en développant un algorithme alliant machine-learning, blue ocean strategy et neurotechnologie – et lancer la fondation qui mettra un terme au conflit syrien ». Là, partout autour de vous, c’est l’effarement, la déception, le dégout même : « comment, tu ne sais pas encore ce que tu veux faire de ta vie ? Un jeune homme / une jeune femme si brillante ? Nous avions tellement d’espoir en toi ! J’aurais dû écouter ton père : nous aurions dû avoir d’autres enfants, eux auraient pu rattraper le coup ».

Voilà. Désormais vous êtes complètement seul. Votre famille ne vous est d’aucune aide, car sans nécessairement tomber dans la caricature décrite ci-dessus, elle vous stresse. Certaines familles sont exemplaires d’entraide, de compréhension, de bienveillance, leur fonctionnement montre bien en quoi un tout peut excéder sans difficulté la somme des parties individuelles. D’autres sont tout aussi admirables, mais les rapports entre leurs membres peuvent devenir plus complexes lorsqu’il s’agit de déterminer et de mettre en œuvre des ambitions professionnelles. Entre vos désirs propres, les projections de vos parents, les complexes que vous aurez développé par apport aux mathématiques à cause des cours de Madame Michu en cours de 4eme, un embrouillamini se dessine, croît, et finit par vous étouffer.

La conséquence ?

Vous êtes devant Jobteaser, LinkedIn, votre espace étudiant rempli d’offres de stage, un forum entreprise, un conseiller d’orientation ou votre grand-oncle qui serait tellement heureux d’activer un piston pour vous aider à trouver un stage – et vous êtes complètement indécis. Des offres d’emploi à +100k€ inondent votre messagerie LinkedIn, Bernard Arnault en personne vient toquer à votre porte, Lloyd Blankfein vous appelle pour la douzième fois de la matinée pour vous supplier d’accepter un stage en Sovereign Advisory dans le bureau new-yorkais de Goldman Sachs… Et vous, vous êtes encore à moitié endormi à faire des tas de Choco-pops à côté de votre smartphone sans avoir la moindre idée de ce que vous allez bien pouvoir faire.

Atterrissons. Frottez-vous les yeux, essuyez cette moustache de lait et ce coco-pops collé à la commissure de votre lèvre, baillez un bon coup, soyez flex sur vos appuis. Personne ne vous a appelé. Personne ne vous courre après pour vous proposer un job. Nous sommes en France, et en 2017. Si vous voulez trouver un job – et l’accomplir en étant rémunéré ! – vous devez faire bouger ciel et terre. Pour ce faire, il faut de la motivation – vous l’avez, ambitieux/se comme vous l’êtes. Il faut de l’énergie – vous êtes jeune, pêchu, et vos sessions crossfit / futsal font de vous une sorte de concentré d’énergie atomique. Il faut un minimum d’intelligence – vos records à 2048 et Candy Crush sont la preuve irréfutable que vous n’en êtes pas dénué. Il faut aussi savoir où l’on veut aller : là, c’est le vide intersidéral.

Venons-en au fait.

Vous ne savez pas ce que vous voulez faire de votre vie. Cette incertitude intime, combinée à la pression de votre environnement social, familial ou même amical, peut se transformer en une source d’angoisse. On vous le dit tout de suite : il n’y a pas de solution facile, immédiate, miraculeuse. Quelques astuces peuvent néanmoins vous aider à sortir de cette nasse.

Pour commencer, faites-vous couler un bain. Laissez-vous reposer et ramollir quelques heures dans l’eau chaude, vous pouvez vous assoupir. Plus sérieusement, gérez le stress et la pression : il provient d’une part de votre environnement, d’autre part de vous-même. Pour ce qui tient à votre environnement, privilégiez les échanges au sujet de votre recherche de job avec des personnes qui vous inspirent. Que ce soit des gens dont vous admirez le parcours, dont vous respectez l’humanité où dont l’intelligence vous laisse pantois, fréquentez-les, n’hésitez pas à leur faire part de vos doutes, et surtout faites-les parler. Voyez ce qui les a conduits à faire tel ou tel choix, et ne vous posez pas trop de questions. Si ces échanges doivent vous être d’une quelconque utilité, le déclic se produira de lui-même.

En synthèse, 

ne laissez pas les autres vous stresser mais au contraire rapprochez-vous de ceux qui vous inspirent, et laissez la magie s’accomplir. Pour le stress que vous vous infligez, faites plus de sport et de yoga, buvez moins de café et dormez bien, ce n’est pas sorcier. L’important est d’être conscient du fait que vous pouvez vous stresser et vous culpabiliser vous-même, et de garder à l’esprit qu’un ulcère ou une dépression ne vous aideront pas vraiment à savoir ce que vous voulez faire de votre vie. Entourez-vous bien, soyez bienveillant et responsable avec vous-même, et voilà : vous êtes toujours complètement perdu, mais cela ne doit pas vous rendre malheureux.

Voilà pour la détente. Car malheureusement, il n’existe pas de méthode « bisounours » pour remédier à ce genre de situations – il faut aussi se secouer un peu. Commencez par avoir une activité régulière – comme un petit emploi à temps partiel, par exemple. Cela vous permettra de garder la tête hors de l’eau psychologiquement, et surtout de gérer la problématique financière sans être dans un dénuement total.

Puis, tentez des choses. La méthode du test and learn est adoptée par des esprits brillants parce qu’elle fonctionne : vous n’avez pas d’excuse pour ne pas vous y essayer. Inscrivez-vous à des cours en ligne, apprenez à coder, suivez un séminaire sur une problématique professionnelle ou académique qui vous a intéressé… En d’autres termes, apprenez. Si vous laissez tomber, ce n’est pas un problème : lorsque vous accrocherez réellement, vous tiendrez une piste plus concrète au sujet de ce que vous pourrez faire.

Enfin, voyez du monde. Contactez des gens, à froid (i.e. sans nécessairement les connaître en amont) sur LinedIn, via vos réseaux d’alumni, amicaux ou familiaux. Là encore, faites-les parler, n’ayez pas nécessairement d’objectif en tête – avoir une révélation, décrocher une offre par hasard, etc. Le fait d’échanger vous permettra de créer un flux d’idées nouvelles permettant d’éviter de rester bloqué sur une idée fixe (« je ne sais pas quoi faire de ma vie »), et de faire apparaître des opportunités. Il ne tient qu’à vous de mettre en place les conditions permettant l’émergence de nouvelles possibilités, et de les saisir.

N’hésitez pas à lancer des projets à côté.

Là encore, cela vous permet de rester actif, de rencontrer de nouvelles personnes, d’avoir de nouvelles idées… En un mot – et c’est à cela que nous voulons en venir – de vous reconnecter à vous-même, ainsi qu’à ce qui fait sens pour vous. Ne pas savoir où l’on veut aller et ce que l’on veut faire n’est pas anormal. C’est désagréable, inquiétant, mais c’est avant tout un symptôme. C’est le signe qu’il est temps de se retrouver, de redécouvrir ce à quoi l’on veut consacrer son temps et son énergie, et qu’il est peut-être temps d’élargir le champ des possibles – vos anciennes manières de penser ne vous convenant plus aujourd’hui.

En synthèse, ne pas savoir ce que l’on veut faire de sa vie professionnelle constitue un passage à vide que beaucoup de jeunes adultes rencontrent. L’idée est de mettre en place des pratiques qui empêcheront ce questionnement de se transformer en angoisse. Une fois ce garde-fou social et personnel érigé, il ne tient qu’à vous de lancer des projets et de nouer des contacts qui feront émerger quelques idées. En vous plongeant spontanément dans l’action, vous vous rapprocherez de vous-même en étant témoin de ce qui vous plaît ou non, de ce qui vous plaît, et des envies qui émergeront. Et, peut-être même sans vous en rendre compte, ce qui doit faire sens s’imposera à vous. Rangez vos choco-pops, et lancez-vous.

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