Gérer la transition des classes préparatoires à la grande école

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En voilà une belle. Pourquoi faudrait-il « gérer » la transition de la prépa à la grande école ? Cela paraît en effet plus facile que du lycée à la prépa, de l’UE pré- à l’UE post-Brexit, de l’été indien à un hiver mordant… Et pourtant, Jobteaser, toujours dans les bons plans, vient vous parler de la « transition » la plus évidente qui soit, celle entre deux ou trois années de labeur acharné, à quelques semestres de fêtes, de voyages, d’évéènements associatifs et de stages. En fait, cet article vous sera totalement inutile si la réussite à un concours quelconque représentait l’ultime sommet que vous visiez pendant vos années de prépa. Si la réussite d’un concours représente pour vous l’opportunité d’accomplir quelque chose de plus grand par la suite, ces mots s’adressent à vous.

Car certes, après en avoir trimé pendant de longues années, réussir un concours, idéalement celui que l’on visait, constitue un véritable soulagement. Mais pour certains, ce soulagement se mue en une aphasie intellectuelle, en une propension à la débauche et à la mort prématurée d’ambitions longuement caressées. C’est toujours une réaction surprenante : voir de jeunes gens plutôt brillants, indubitablement ambitieux, travailleurs à l’extrême, se muer en des post-adolescents intoxiqués à l’alcool, aux psychotropes et aux pizzas surgelées, dont l’œil vitreux ne s’anime qu’aux doux acronymes d’OB, de POW ou de WEI.

C’est pourtant compréhensible. Durant vos années en classes prépa, vous renoncez à beaucoup de choses dans une dimension plus ou moins extrême : vie sociale, vie amoureuse, activité associative, voyages, pratique artistique ou sportive, etc. Certains combinent plutôt adroitement cette vie « normale » pour un étudiant au début de la vingtaine, d’autres y renoncent presque totalement. Dans les deux cas, la transition à une vie où le « fun », entendu comme un polo porté en bandoulière et un coma éthylique un lundi à midi, peut s’avérer dynamique.

Etait-ce pour autant le but quand vous avez intégré HEC ? Vouliez-vous devenir Christine Lagarde, ou The Big Lebowski ? Lorsque pour la première fois vous déposiez sur votre auguste chef le chef le traditionnel bicorne et que vous ceigniez la tangente, lors de votre intégration à Polytechnique, vous rêviez-vous davantage en Sadi Carnot ou en Dédé la Saumure ? Le fait est qu’intégrer une grande école, aussi prestigieux soit-elle, ne peut pas constituer l’aboutissement de vos rêves. Bien évidemment, en sortant de classes préparatoires, il est normal – voir sain – de ne pas précisément savoir ce que l’on veut faire de sa vie. Mais de là à glisser sur la pente de la facilité que des générations d’anciens ont savonné en perspective de votre venue, l’écart est vertigineux.

Joie et soulagement sont les deux premiers sentiments qui vous assaillent lorsque vous intégrez l’école que vous visiez. Ce que vous ne savez pas encore, c’est que les prochaines années, les choses seront pour vous beaucoup plus faciles qu’elles ne le furent jusqu’alors : l’on ne vous demandera pas de travailler autant, vous ne subirez plus avec la même force la pression de vos pairs qui souhaitent intégrer les mêmes écoles, vos parents ne seront plus sur votre dos, et – suivant le classement de l’école que vous rejoindrez – vous aurez la certitude plus ou moins ferme de trouver un emploi qui vous plait à la sortie de l’école. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres liées au fonctionnement des écoles et à la décompression généralisée qu’elles concentrent, il est aisé de plonger dans la facilité, et de ne plus se challenger autant qu’auparavant.

Et pourtant, cela peut s’avérer judicieux. Gérer adroitement la transition des classes préparatoires à la grande école, cela signifie aussi s’autoriser à rêver encore : en gardant un minimum de contrôle sur votre quotidien, et sachant quelle est votre ambition, vous vous permettez de réaliser ce dont vous avez envie sans vous laisser entraîner par le confort et la vie facile promise par le système des grandes écoles.

Tout d’abord, gardez le cap – professionnellement parlant.

Libre à vous de ne pas avoir de plans. Libre à vous, également, de vouloir intégrer l’ENA, Goldman Sachs, le Quai d’Orsay, McKinsey ou tout autre organisme privé ou public à l’intégration ultra compétitive. Enfin, libre à vous, de la même façon, de vouloir devenir écrivain, peintre, sculpteur ou photographe… Quelle que soit la direction que vous voulez prendre, gardez-la en tête. Inutile que cela vire à l’obsession, mais le risque de se réveiller quatre ans plus tard avec une gueule de bois généralisée est avéré.

La solution ? Plus facile à dire qu’à mettre en œuvre : connaissez-vous vous-même. En sachant peu ou prou ce dont vous avez envie pour vos premières années de vie professionnelle, vous vous empêcherez de tomber dans une nonchalance qui, si elle n’en demeure pas moins agréable, peut mettre à mal certaines ambitions.

Dès lors, comment « gérer » la transition que nous évoquons ? En demeurant exigeant avec vous-même. Faites du sport, investissez-vous dans des associations, montez un projet d’entreprise, lisez, écrivez, chantez, dansez – peu importe. Les grandes écoles vous offriront mille et unes possibilités d’accomplir les projets qui vous tiennent à cœur. Au sein de celles-ci, vous ferez la rencontre d’autres étudiants qui, comme vous, auront trimé deux ou trois années durant en classes préparatoires. Ces rencontres seront synonymes de projets nouveaux, de possibilités insoupçonnées 

En synthèse, on peut résumer la gestion de cette transition ainsi : profitez du moment de « respiration » que constitue l’entrée en grande école après des années intenses en classes préparatoires, mais ne vous oubliez pas non plus dans ce que vous portez de plus ambitieux, et qui dépasse votre confort et vos aspirations quotidiennes.

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