Comment adapter son attitude à un recruteur lors d’un entretien ?

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L’entretien de recrutement est un match de boxe en puissance. C’est pourquoi vous devez impérativement vous entraîner, afin d’être par la suite assez vif et agile pour vous adapter au comportement de votre partenaire d’une heure, le recruteur. Entraînez-vous en sparring (en entretien blanc avec des amis qui doivent également se préparer à une échéance similaire), au sac (un travail de fond sur  vous même, votre connaissance de l’entreprise et du secteur, afin d’améliorer votre capacité à envoyer des arguments percutants), à la poire de vitesse (entraînement aux brainteasers, calculs mentaux, etc.) ou même en shadow boxing (en improvisant, dans la solitude de votre reflet dans un miroir, les questions, et les réponses les plus pertinentes que vous pouvez spontanément y apporter). L’entretien se découpe en plusieurs rounds pouvant être consacrés à vous en général, votre parcours académique et professionnel, l’entreprise, le secteur, l’actualité, etc. Vous devez vous rendre disponible à chacun de ces rounds, être présent, à l’écoute, généreux et efficace dans vos réponses. L’inattention ou le relâchement peuvent être fatals. Et comme dans un match de boxe, vous devez être attentif, par dessus tout, à votre partenaire – en l’occurrence, le recruteur. Regardez le droit dans les yeux, suivez sa gestuelle, prévoyez son prochain geste, et sachez vous adapter en conséquence. Toutefois, la comparaison s’arrête là, car l’on n’a jamais connu de candidat recruté sur la base d’un KO technique.

Pourquoi ce laïus ? Parce que les plus grands boxeurs étaient non seulement très forts, mais ils étaient aussi et surtout des hommes pénétrants. De même, vous devez vous adapter à votre recruteur. A cela, deux prérequis sont absolument nécessaires.

1/ S’adapter – à qui ?

Vous devez être en mesure de déchiffrer cet être proche et si pourtant tellement lointain qui décidera de votre avenir dans une entreprise donnée. Ce prérequis comporte lui-même un prérequis (c’est la magie des prérequis) : afin de lire autrui, vous devez présenter une certaine disponibilité intérieure. Pour le dire autrement, si vous arrivez stressé, suant et raide comme un piquet, vous n’arriverez pas à prêter attention à l’autre, et pour intégrer, processer, analyser ou comprendre ses réactions et ses attentes vous devez être ouvert.

En synthèse, vous devez avant toute chose être à l’écoute de votre interlocuteur ; être à l’écoute d’autrui présuppose non seulement une disponibilité intérieure, mais peut ne pas être dénué de bienveillance. 

 

2/ Qu’adapter ?

Si le recruteur prend la peine de vous inviter à un entretien, c’est bien pour vous rencontrer, vous, et non pas un fac similé destiné à tromper présenter un « moi » imaginaire. En d’autres termes, adapter son comportement ne signifie pas – totalement – s’inventer un personnage et jouer un rôle. Adapter son attitude consiste à trouver le point d’équilibre entre d’une part vos valeurs, vos convictions et votre personnalité, et d’autre part ce qu’un recruteur espère trouver chez le candidat idéal.

Dans le job que vous décrocherez, vous devrez également vous adapter : non pas vous écraser, vous braquer ou vous prétendre être un(e) autre, simplement adopter le comportement qui vous permettra de travailler en bonne intelligence avec autrui.

Une posture appropriée : « l’œil écoute »

Vous l’avez lu des centaines de fois dans des magasines, sur des blogs ou sur des posts douteux de votre réseau LinkedIn – et vous le saviez avant même de l’avoir lu : la communication non-verbale est absolument primordiale. Souple sur vos appuis et l’œil pétillant, vous aurez plus de chance de convaincre un recruteur qu’en ayant le regard vide et le dos raide.

Cela étant dit, avant de s’adapter (physiquement) il faut se préparer (physiquement). Cela signifie par exemple adapter son code vestimentaire, se raser la barbe ou s’attacher les cheveux si besoin est, etc. Le jour J, vous marquerez déjà un point en vous affichant en ligne avec les codes de l’entreprise en question, à défaut d’en avoir intégré la culture.

Or, la dimension physique de votre attitude ne s’arrête évidemment pas là. Soyez conscient de ce que vous dégagez. Gardez à l’esprit que des doigts qui se tortillent, un dos voûté et des pieds en dedans sont malheureusement aussi parlants que vos expériences antérieures. C’est peut-être injuste, mais vous serez également évalué là-dessus. 

Enfin, gardez assez distance pour être en mesure de vous adapter pendant l’entretien également. Soyez attentif à l’attitude de la personne que vous rencontrez, et n’hésitez pas à vous en inspirer. Cela vous fera un point commun, et montrera que vous avez l’intelligence de vous adapter à votre interlocuteur. Prenez garde toutefois à ne pas vous laisser déstabiliser par une personne en apparence froide, ou au contraire à vous laisser aller sous prétexte que le recruteur affiche une posture manifestement détendue. Restez vous-même, mais soyez surtout professionnel.

Une écoute active

Un entretien de recrutement est entre autres un acte de vente. Or, le cinéma a contribué à diffuser une image faussée de la vente, comme étant le monologue fatiguant d’un bonimenteur un brin filou. Vendre, et a fortiori se vendre, est avant tout un acte d’écoute. Comprendre autrui, cerner ses attentes, ses doutes, ses envies. Soyez à l’écoute du recruteur, c’est là où vous trouverez les meilleures indications pour intégrer ce qu’il attend que vous démontriez. Et, sans même fournir d’effort, vous vous trouverez naturellement dans une position susceptible de correspondre à ses attentes. 

Mais un entretien de recrutement ne s’arrête pas là. Car certes, vous vendez votre profil, mais gardez à l’esprit que vous êtes également en mesure d’ « acheter » ce que l’entreprise à laquelle vous postuler peut vous offrir. En d’autres termes, une écoute intelligente est la clé de l’équilibre du rapport de forces entre le recruteur et le candidat

En somme, une écoute active, ouverte et pondérée de votre recruteur vous permettra non seulement d’adopter naturellement la posture qu’il attend peut-être inconsciemment, mais également d’avoir un échange sympathique et bienveillant.

Une parole performative

Une parole performative réalise ce qu’elle énonce, et revient, pour être plus terre à terre, à « dire ce qu’on fait, et faire ce que l’on dit ». Le bénéfice d’une communication orale bien maîtrisée permet ainsi de convaincre et persuader son interlocuteur. Vous le saviez.

En revanche, les mots servent aussi à meubler. Considérez qu’il est possible de meubler intelligemment. En effet, vous aurez préalablement construit des bribes de paragraphes, qu’il vous sera certainement nécessaire d’utiliser à chaque entretien : « présentez-vous », « parlez-moi de telle expérience ou de tel intérêt que vous mentionnez sur votre CV », « pourquoi avez-vous fait ces études », etc. Certes, lesdits paragraphes devront être adaptés aux circonstances de chaque entretien, mais ils ne varieront pas diamétralement d’un entretien à l’autre.

Vous allez donc probablement devoir les débiter. Ce n’est pas un mal en soi, c’est également l’occasion de transmettre la passion et les convictions qui vous ont animé lors de choix passés. Mais c’est surtout un moment rêvé pour analyser la situation, les réactions de votre interlocuteur, de prendre du recul en somme.  

Une pensée articulée

Cela va sans dire, c’est pourquoi il est important de le répéter : votre pensée, et plus généralement votre état d’esprit, va déterminer vos actions et réactions, et constitue de ce fait la clé de voûte de l’édifice que vous bâtirez lors d’un entretien. Pour vous adapter en finesse aux attentes du recruteur, vous avez besoin d’appuis solides. Sachez pourquoi vous venez, pourquoi vous avez envie d’être là, et quelles sont vos compétences ou expériences les plus intéressantes aux yeux du recruteur.

Le fait d’être sûr de vous reposera évidemment plus sur votre état d’esprit et votre pensée que les éléments cités au-dessus, soit une bonne présentation, une écoute attentive, et un verbe généreux. Sans pour autant minimiser ces éléments, ces derniers ne sont impactants que lorsqu’ils s’appuient sur un mental fort.

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