Carrefour France
On a tous droit au meilleur !
“Ma mission, c’est comme la cuisine : il faut être créatif et aimer innover”

Amoureux de gastronomie, Jean-Baptiste Garnier met la data et l’intelligence artificielle au service des métiers de Carrefour. Entre algorithmes et sens du terrain, ce passionné d'innovation accompagne au quotidien les équipes Marchandises vers le retail de demain. Rencontre avec un chef d'orchestre de la transformation.
Job Teaser : Peux-tu te présenter et nous dévoiler une de tes passions ?
Jean-Baptiste Garnier : J’ai 35 ans, dont la moitié passée à l’étranger, notamment en Allemagne, Angleterre, Australie, Autriche, et Canada. Diplômé de l’ESSEC, j’ai allié les chaires Grande Consommation et Analytics & Lead Data pour mettre la data au cœur des stratégies entrepreneuriales.
Après le conseil, j'ai intégré le Graduate Program Dirigeant de Carrefour, un parcours accéléré pour découvrir les facettes du retail. Résultat, en moins de 3 ans, 6 rotations : du terrain en boucherie au lancement d'un nouveau concept DPH, jusqu'à la direction d'un hyper pendant la Covid et des sujets data science en Roumanie.
J’ai deux passions : la cuisine et le vin. Mon objectif ? Créer des plats qui ont du peps et trouver le vin qui crée la bouchée parfaite. Cet été, je passe d’ailleurs au sur-mesure avec ma propre turbine à glace pour tester de nouveaux mariages, comme : ananas - pistache - vanille !
Job Teaser : Tu coordonnes l’ensemble des sujets IA au sein de la Direction Transformation et Digitalisation Marchandises Groupe. Cela consiste en quoi ?
Jean-Baptiste Garnier : Parlons d’abord de l’équipe, de cette “North Star”, dans laquelle je suis. Celle-ci est spécialisée sur les sujets “achat” et “négociation”. Elle conçoit tous les outils numériques qui aident nos équipes Marchandises à mieux acheter, mieux négocier, suivre les prix marché, les évolutions des matières premières alimentaires et industrielles, etc.
Quant à moi, je suis Product Manager et ma Direction m’a désigné comme leur “Champion IA”, aux côtés d’autres collègues qui ont été choisis dans tout Carrefour. Ma mission, c’est de repenser la manière de mener demain les achats et les négociations, avec l’intelligence artificielle.
Et là, c’est comme la cuisine. Il faut être créatif et aimer innover. Tout consiste à connecter des choses qui ne le sont pas encore. Mes ingrédients au travail sont les algorithmes, les bases de données, les règles de gestion. On les assemble pour créer du nouveau, à la fois simple, utile, et adapté aux nouveaux besoins de nos équipes Marchandises.
Job Teaser : L'intelligence artificielle en cuisine B2B, c'est un sous-chef de génie ou juste un gadget de plus sur le plan de travail ? Qu’apporte-t-elle de concret ?
Jean-Baptiste Garnier : L'IA est à la cuisine ce que Milou est à Tintin ou Idéfix à Obélix : un précieux compagnon pour flairer les pistes, mais qui ne remplacera jamais la brigade. L'esprit critique reste humain : la machine propose, mais c'est l'équipe en cuisine qui donne une âme à l'assiette.
En s'appuyant sur la data, l'IA anticipe et agit sous trois formes : décisionnelle pour analyser les indicateurs et prescrire des actions, comme détecter une baisse de stock avant la rupture sans éplucher des centaines de pages, générative pour créer vos contenus textuels, visuels ou audio, et agentique pour exécuter des tâches en autonomie, comme réserver un rendez-vous.
L’IA applique des règles de gestion intelligentes pour poser un diagnostic rapide et proposer le bon plan d'action.
Job Teaser : On parle beaucoup d'IA agentique. C’est un vrai plus ?
Jean-Baptiste Garnier : Oui, c’est un vrai bond en avant ! L’IA agentique apporte de l'autonomie sur des micro-tâches, comme un chatbot de compagnie aérienne capable de gérer seul un litige ou un remboursement selon des règles de gestion. C’est un accélérateur inédit, une sorte d’Internet 3.0 pour traiter l'information en quelques minutes et monter très vite en compétences.
Le véritable enjeu est de déléguer à l’IA les tâches pointilleuses et fastidieuses pour recentrer l'équipe sur ce qui compte vraiment : la réflexion et la valeur ajoutée.
Job Teaser : Peux-tu donner un exemple concret de projet récent dont tu es fier ?
Jean-Baptiste Garnier : Confidentialité oblige, je ne peux pas évoquer mes projets récents. Mais il y a deux ans et demi chez Carrefour, j'ai travaillé sur l'analyse automatisée par IA des devis, contrats et CGV (Conditions Générales de Vente).
Face à des millions de devis annuels (gardiennage, matériel...), les acheteurs ne traitaient que les plus gros montants. Notre outil comparait automatiquement 100 % des devis (coût, garanties, délais) pour fournir un tableau récapitulatif et une préconisation.
Côté contrats et CGV, l'IA analysait en quelques secondes des documents de 60 pages pour en extraire les points sensibles (échéances, services inclus). Un gain de temps massif pour permettre aux acheteurs d'aller droit à l'essentiel.
Job Teaser : Si un étudiant voulait rejoindre Carrefour, quels conseils lui donnerais-tu ?
Jean-Baptiste Garnier : Mon premier conseil, c’est de ne pas hésiter à mettre les mains à la pâte. Pour réussir chez Carrefour, il faut passer par le terrain et le magasin : c'est le cœur de notre métier, indispensable pour comprendre l'opérationnel comme les enjeux du siège.
Ensuite, soyez curieux, adaptables et prêts à vous former en continu. Le Groupe évolue au rythme de la société. Comme sur un navire, il faut savoir garder la main ferme par beau temps comme dans la tempête (face au Covid ou à l’inflation) avec patience et résilience.
Si vous faites le saut, allez-y à fond : les opportunités de mobilité et de grands projets y sont immenses !
Job Teaser : En trois mots, comment décrirais-tu ton métier ?
Jean-Baptiste Garnier : Curiosité, création et humain.
La curiosité pour comprendre les gens et les process afin de les faire évoluer. La création pour prouver par l'exemple et convaincre du changement. Et l'humain pour faire grandir les équipes, avancer ensemble et se concentrer sur l'essentiel.
