Comment bien préparer son année de Césure ?

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L’année de césure est de plus en plus prisée par les étudiants. Coupure entre deux années d’études, occasion de découvertes professionnelles, associatives ou entrepreneuriales, l’année de césure est mise en avant dans l’enseignement supérieur notamment depuis mai 2015, date à laquelle François Hollande a annoncé le projet de développer des dispositifs facilitant les césures pour les étudiants en fac. L’objectif de cette interruption des études est d’offrir aux étudiants les meilleurs atouts pour intégrer le marché du travail. Comment l’organiser ? Que faut-il en attendre ?

La césure, qu’est-ce que c’est ?

La césure est une année de pause pour un étudiant qui suit des études supérieures. Cette période libre, généralement de 12 mois consécutifs, est l’occasion pour l’étudiant d’expérimenter à travers l’une des nombreuses formes que prend aujourd’hui la césure : l’année sabbatique, le stage en entreprise, l’expérience internationale ou humanitaire, etc.

Une période variable en fonction de l’établissement

Chaque école a son calendrier et il est impossible de réaliser une césure sans avoir l’aval de l’établissement, en étant sûr de reprendre son cursus après cette période de coupure. Surtout, les établissements sélectionnent parfois les étudiants : sont encouragés à partir ceux qui ont validé tous les impératifs académiques et qui n’ont, par exemple, pas de rattrapages à passer.

La césure est principalement le fait des écoles de commerce qui requièrent des étudiants un nombre croissant de mois de stage et d’expérience à l’international. Ainsi, cette année de coupure est devenue incontournable et indispensable à l’obtention du diplôme. Surtout, elle est pour l’étudiant l’opportunité d’appliquer et de retrouver dans le monde professionnel les acquis théoriques des cours suivis sur les campus.

A l’inverse, cette année de pause est moins répandue au sein des écoles d’ingénieurs et des facs, où les cursus sont souvent moins flexibles et l’allongement de la durée des études n’est pas encouragé.

Qu’est ce qu’il faut attendre de la césure ?

La césure peut être pour certain un crash-test : si vous hésitez entre différents métiers ou spécialisations pour votre master, elle sera l’occasion pour vous de vivre au jour le jour un métier, d’être intégré dans une équipe et de vous rapprocher du monde professionnel.

Par ailleurs, elle est synonyme de dépaysement : certains partent en tant que bénévoles dans des associations humanitaires auprès de populations défavorisées, ou en mission dans des structures telles que des parcs nationaux ou des réserves en danger. C’est alors l’occasion pour l’étudiant de porter de multiples casquettes et de vivre l’expérience sur le terrain. Les étudiants apprécient particulièrement l’Asie pour mener à bien ce type de projets.

Enfin, la césure permet souvent de parfaire les compétences de l’étudiant, en particulier les compétences linguistiques. Ainsi, nombre d’étudiants se lancent pour quelques mois dans des expériences en Amérique Latine ou en Amérique du Nord et reviennent parfaitement bilingues voire trilingues.

Comment s’y préparer ?

Afin de préparer au mieux son année de césure, il est important d’avoir un projet et d’avoir déterminer le domaine d’activité dans lequel on souhaite évoluer. En effet, beaucoup d’étudiants ne parviennent pas à trouver de stage ou d’expériences du fait d’un manque de définition ou de précision de leurs attentes. Il faut donc apporter particulièrement d’attention à la réflexion de son projet.

Il faut également préparer un CV et une lettre de motivation adaptés aux candidatures, et étudier les conditions d’obtention d’un CDD ou d’une convention de stage, selon son établissement d’origine.

Enfin, à l’issue de cette année d’expérience, l’établissement demande généralement un rapport de stage ou une soutenance qui permet de faire le bilan de l’expérience vécue. Il faut garder en tête de préparer en amont et de compléter régulièrement ce rapport, car il constitue un outil efficace pour prolonger le réflexion sur le projet professionnel de l’étudiant et doit servir à l’aiguiller dans ses futurs choix d’orientation.

Conseils pratiques avant la césure : les pièges à éviter

Si la majorité des étudiants se déclarent satisfaits de leur année de césure, il convient d’éviter un certains nombre d’écueils.

En effet, certains sont parfois déçus de la faible plus-valu qu’à représentait l’expérience a posteriori. Ainsi, ils essayent de masquer cette année de trou qui peut parfois interpeller les employeurs.

Par ailleurs, certains sont déçus de leurs expériences et dénoncent des charges de travail parfois très lourdes, pour un salaire des plus faibles. Les entreprises peuvent en effet parfois abuser de cette main d’œuvre bien formée et accessible. Il ne faut pas, dans ce cas, hésiter à négocier le salaire et à demander des conditions et dédommagements parallèles, tels que le remboursement des frais de transport et des subventions pour les repas dans le cadre du stage ou de la mission.

Enfin, il ne faut pas négliger la difficulté à retourner sur les bancs de la fac ou de l’école, après une expérience riche de rencontres et de découvertes. Le retour à la vie d’étudiant doit donc se préparer également.


La césure, une garantie pour l’insertion professionnelle ?

La césure n’est pas obligatoire pour trouver un premier emploi, et peut se révéler être un véritable plus sur le CV à une époque où les recruteurs valorisent la multiplicité des expériences, la polyvalences des jeunes diplômés et leur adaptabilité. La césure devient alors une condition presque nécessaire pour accéder à certains postes, sans être jamais suffisante.

Cette année peut aussi être l’occasion pour l’étudiant d’effectuer une réorientation, en s’engageant dans un projet ou en s’investissant dans un environnement différent de celui dans lequel il a pu évoluer auparavant, notamment dans son cursus post-bac. Cette année de test est l’opportunité de tester ses limites et de trouver sa voie, afin d’éventuellement opérer une réorientation lors de son retour sur les bancs de l’école ou de la fac.

Elle peut par ailleurs conforter l’étudiant dans ses choix, et lui permettre de se confronter à la réalité du métier et de savoir si celui-ci lui correspond réellement. Il est indispensable que l’étudiant mène une réflexion quant à la cohérence de son projet avec la mission que lui confie l’entreprise.

Il ne faut pas oublier cependant que la césure a un coût et c’est bien souvent aux parents de soutenir les étudiants dans leurs projets. D’autant plus que la rémunération est faible, voire parfois nulle comme dans le cas d’expériences associatives. Toutefois, un certain nombre d’organismes viennent soutenir les étudiants en participant au financement de projets entrepreneuriaux ou personnels, comme les bourses ERASMUS qui aident les étudiants à partir en échange universitaire en Europe. Par ailleurs, dans le cadre d’un stage à l’étranger, l’entreprise peut parfois soutenir l’étudiant financière pour l’encourager à rejoindre sa structure. Enfin, notons que la circulaire passée en juillet 2015 permet aux étudiants d’interrompre leurs études pendant un an en conservant leur statut et leurs droits sociaux. Ce texte a permis d’officialiser et de sécuriser l’étudiant qui dispose dorénavant d’un cadre juridique. Il convient à chaque étudiant, selon son établissement d’origine, de se renseigner sur les modalités qui s’appliquent à l’année de césure, notamment en ce qui concerne les frais de scolarité.

Il convient donc à chacun d’identifier le type d’expérience qui lui sera le plus profitable. Plus l’expérience sera longue, plus elle aura de la valeur aux yeux du recruteur, c’est pourquoi il ne faut pas hésiter à se lancer dans une aventure de plusieurs mois, afin de la vivre pleinement. La césure, si elle est bien réfléchie, est définitivement un plus pour votre CV et une expérience à vivre à 100% !

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