Comment profiter de son réseau ?

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Les grands hommes d’affaires sont de grands entremetteurs !

Ils créent le lien entre ceux qui créent et ce qui consomment, entre ceux qui développent des concepts ou des produits, et ceux qui doivent les utiliser. Les grands hommes politiques ne sont pas en reste, ils font le lien entre un peuple et les idées dans lesquelles ce dernier croit. Ne parlons pas des diplomates, des syndicalistes, des célébrités ou des intellectuels. Le point commun entre ces populations qui semblent partager si peu ? L’intelligence humaine, qui permet de composer avec des opposés, à les faire dialoguer, à en tirer parti suivant son intérêt et ses ambitions propres, ou à les diriger vers un but commun. La compréhension profonde et dynamique des mécanismes qui sous-tendent leur entourage plus ou moins proche, et la capacité à naviguer entre divers courants pour faire aboutir un projet. La capacité à se constituer et à utiliser un réseau.

Avec qui coopère-t-on ? Avec des individus plus ou moins proches de soi, avec lesquels il est possible de concevoir une relation mutuellement bénéfique. Les interactions humaines ne sont en effet pas un jeu à somme nulle : c’est ainsi que nous pouvons nous adonner au « doux commerce », et de trouver des intérêts qui, s’ils ne sont pas systématiquement identiques, n’en peuvent pas moins être alignés.

Pourquoi ce laïus ? Car lorsqu’on est étudiant ou jeune actif, il est difficile de se rendre compte de l’importance de son réseau, dans une perspective professionnelle. Jusqu’alors, dans notre système socio-éducatif, l’élément déterminant dans les prépas, écoles, stages ou emplois que vous alliez trouver était toujours, à des degrés divers certes, le mérite. On peut évidemment disserter sur les phénomènes de reproduction sociale que créent les classes préparatoires, sur le fait que les étudiants à l’université sont moins bien suivis que leurs pairs en écoles de commerces privées, et sur les inégalités qui perdurent en France. Mais quoi qu’il en soit, la République a accouché d’un système éducatif dans lequel l’on apprend que c’est par le travail que l’on peut s’élever. Résultat, on bachote, on révise, on disserte, on affute ses Stabylos et on fait le plein de guronzan en prévision de nuits de révision, de concours heureux, et de récompenses académiques. Certains milieux professionnels reproduisent ces parcours d’intégration : pour être recruté dans un cabinet de conseil en stratégie par exemple, on doit en effet passer une batterie de tests logiques, numériques, et passer un certain nombre d’épreuves. Mais dans tous les cas – conseil en stratégie compris – d’autres éléments entrent en jeu.

La donne change, non pas du tout au tout lorsqu’on se lance dans la vie active. C’est naturellement en étant bon dans son travail que l’on peut développer sa carrière en ayant un maximum de liberté dans le choix de la direction qu’elle prendra. Cependant, vos perspectives d’évolution professionnelle ne se feront pas en fonction d’une pile de bulletins de notes, de mentions, de bourses et de prix académiques. Les perspectives d’évolution ne dépendent en effet plus d’un système, avec des règles et des seuils officiels, comme à l’école. C’est également en se faisant connaître que des portes viennent à s’ouvrir, et ces mécanismes de communication ne sont pas naturels pour chacun d’entre nous…

L’utilité d’un réseau ne s’arrête évidemment pas là

Le but est également de pouvoir venir en aide à d’autres, donner des conseils, nouer des contacts commerciaux…  L’on est même parfois amené à faire de belles rencontres.

La clé est d’être conscient, assez tôt, de l’importance que joue son réseau. Que dans un univers professionnel, on ne peut pas autant qu’auparavant choisir avec qui l’on va passer du temps, et que tous ceux que l’on côtoie avec plus ou moins de proximité se feront les porte-voix de votre image auprès de ceux que vous ne connaissez pas. Et que sans nécessairement avoir le contrôle de cette image – parce que vous n’êtes pas parfait, et que quand bien même vous le seriez certains pourraient vous trouver antipathique – vous pouvez faire de votre réseau une force.

La solution n’est pas nécessairement de devenir un grand mondain, de courir tous les événements professionnels pour se faire voire, entendre, connaître partout où vous allez. L’on ne vous apprendra pas ici à flatter, à serrer des paluches, à cligner de l’œil ou à générer des compliments. C’est pourtant ce que certains privilégient lorsqu’ils cherchent à « se faire un réseau ». Nos recommandations sont plus simples, plus naïves peut-être aussi, mais c’est à vous de composer avec vos propres forces :

  • Soyez sympa : vos collègues, clients, patrons et autres relations professionnelles préféreraient probablement passer leurs journées avec leurs amis et leurs familles qu’avec vous. Pourtant, vous passerez, les quarante prochaines années, plus de la moitié de vos journées avec eux. Essayez de mettre de côté les petites rancœurs, animosités et moqueries. Pas la peine d’être un bisounours non plus, mais être sympa rendra le fait de travailler avec vous plus agréable pour tout le monde, vous y compris ;
  • Soyez bon dans votre travail : pas la peine de vous expliquer pourquoi ;
  • Faites savoir que vous êtes bon : si vous ne le faites pas, personne ne le fera à votre place.

Faire de son réseau une force n’est pas qu’une question de réputation pour autant : le prérequis est de faire vivre son réseau : n’hésitez pas à identifier ce qui vous rapproche des autres (écoles, travail, sport, peu importe), et à créer du lien avec autrui. Ce soft power vous sera utile dans votre carrière, et l’enrichira par les rencontres qu’il rendra possibles.

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