AccueilLe Gen Z Lab« L’effet de primauté » ou pourquoi le premier entretien d'embauche est déterminant

« L’effet de primauté » ou pourquoi le premier entretien d'embauche est déterminant

  • mercredi 12 avril 2023
  • Auguste Dumouilla

Les informations perçues lors du début d’une prise de contact sont mieux retenues que celles qui suivent. Ce phénomène s'appelle l'effet de primauté. Découvrez comment contrer ce biais cognitif dans le cadre du recrutement.

Il existe un adage bien connu : « On n’a jamais deux fois la chance de faire une première impression. » Nous sommes conditionnés pour nous fier à notre première impression et ce phénomène s’appelle l’effet de primauté. En quoi ce biais cognitif peut-il avoir un impact dans le recrutement et comment l’éviter ? Réponses avec Auguste Dumouilla, chercheur en psychologie de l’orientation chez JobTeaser. 

Qu’est-ce que le biais de primauté ?

L’effet de primauté désigne le fait que les informations perçues lors du début d’une prise de contact sont mieux retenues que celles qui suivent. De ce fait, dans le cas d’un entretien d’embauche, le recruteur se souviendra bien de l’allure de la personne, de ses habits au moment où le candidat s’est présenté, sa posture, son sourire au moment de se serrer la main (ou de toucher le coude de son interlocuteur). Le cerveau accorde une plus grande importance aux premières informations reçues, qu'aux suivantes, car à la fin de l’entretien, la première impression est déjà stockée dans la mémoire à long terme, aux capacités plus grandes qu’une mémoire à court terme qui sera plus vite saturée d’informations.

Lisez nos conseils pour contourner ces biais dans notre guide sur le recrutement 

Découverte du biais cognitif de primauté : l'expérience de Salomon Asch

C’est le psychologue Solomon Asch qui met en évidence le biais de primauté au milieu des années 1940, à travers une expérience : deux groupes de participants prennent connaissance des mêmes traits de caractère d'une personne et émettent des jugements à son sujet. La moitié des participants a reçu une liste avec des traits positifs en premier, tandis que l’autre moitié des participants a reçu une liste identique, mais avec des traits négatifs en premier. 

C’est alors que les résultats surprennent. Alors qu'on pourrait s'attendre à un jugement équivalent, le groupe ayant les adjectifs positifs en premier ont jugés plus favorablement la personne que le groupe qui avait les mots négatifs en premier.

L’impact du biais de primauté dans le recrutement 

L'effet de primauté fait partie de la famille des biais mnésiques. Il est souvent associé à l'effet de récence, qui fait qu’on se souvient mieux des derniers échanges, car la mémoire est encore active à court terme. Concrètement, dans le cadre d’un recrutement, ces deux biais mettent l’accent sur les premières et les dernières impressions. Ces biais vont venir fortement impacter l’objectivité du recrutement. Ils pourront venir perturber l’évaluation du candidat en détournant l’attention du recruteur d’une analyse des compétences approfondies. Pire, cela risque de ne laisser aucune seconde chance à un candidat qui aurait fait une première impression mitigée, même si celui-ci démontre à plusieurs reprises des caractéristiques positives par la suite. La personne serait dès lors prise au piège dans une représentation qui ne lui correspond pas. Qui plus est, cette représentation pourrait ne pas avoir de liens avec les besoins réels issus de l’analyse de poste. 

 

Notre étude récente sur les freins au recrutement en partenariat avec Maki People a mis en évidence ce que cherchent les jeunes talents.

Que faire pour éviter ce biais cognitif ? 

Pour limiter l’impact du biais de primauté dans le recrutement, l’entreprise peut :

1. Mettre en place des recrutements structurés et standardisés

 pour lutter contre la puissance du feeling, justifier les prises de décisions et se baser sur des faits concrets (grilles d’évaluation, entretiens structurés, etc.)

2. Sensibiliser et former des recruteurs autour de deux grands axes : 

un rappel des mécanismes de fonctionnement des biais cognitifs pour comprendre qu’on ne peut pas lutter contre seul, mais bien mettre en place un cadre pour limiter leur effet de nuisance et un rappel législatif des peines encourues si l’on discrimine durant un recrutement. 

Consulter l'étude 2023 : les attentes des jeunes en matière de recrutement. 

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