Travailler à l’étranger quel contrat pour quel type de profil ?

Big cover

Vos roadtrips en Erasmus ou échange universitaire rythment vos plus beaux rêves ? Indiana Jones ou Calamity Jane hantent la moindre de vos pensées ? Vous jalousez vos amis expatriés ou en VIE dont le journal Facebook affiche chaque lundi les nouvelles photos de leurs week-ends ? Il est peut-être temps de vous poser quelques questions.

Après un premier job en France ou même à la fin de leurs études, le souhait de partir vivre et travailler à l’étranger est partagé par beaucoup de jeunes. Fini l’archétype de l’expat’ marié(e) avec 2 enfants ayant obtenu une promotion dans une filiale d’un groupe français international ! Expérience valorisante sur un CV, la dernière chance de partir avant de mettre de côté les rêves de baroudeur au profit des insomnies du parent dévoué, des destinations et des aventures par milliers… Le tableau est sans ombres. Pourtant, le voyage peut devenir infernal s’il n’est pas préparé ! C’est pourquoi nous avons décidé de vous donner quelques best practices de l’expatriation.

  • Quel expat’ êtes-vous ?

Avant d’entamer toute démarche ou même de choisir votre destination, un rapide moment d’introspection vous sera utile. Posez-vous les bonnes questions et réfléchissez aux raisons qui vous poussent à vouloir faire vos bagages pour quitter le pays natal : pourquoi je veux partir ? quelle aventure je veux vivre ? suis-je prêt à abandonner fromage, saucisson et baguette croustillante ?

Il y a toujours une période intermédiaire entre l’excitation du début, le moment où l’on décide de partir (parfois sans réellement savoir où) et le casse-tête de la préparation. Le meilleur conseil que nous pourrions vous donner est de prendre du temps pour bien réfléchir à ce changement de vie que vous allez initier. 

C’est d’ailleurs le moment où vous décidez quel(le) expat’ vous serez ?

  • Le nomade : il combine généralement des road trips, des jobs temporaires et des expériences de WWOOFing ou de HelpX (volontariat) pour renflouer les caisses. Il devient un expert des auberges de jeunesse, ou un connaisseur du plantage de tente dans les campings des parcs nationaux et de l’outback.
  • Votre profil : Vous recherchez l’aventure et ne voyez pas l’expatriation comme une étape dans votre carrière. Vous êtes à l’aise avec le fait de voyager seul, peut-être un peu solitaire sur les bords. Vous chercherez donc un job peu engageant et sans trop de responsabilités, qui requerra peu d’expérience.
  • Le sédentaire : il s’installe durablement dans une ville et veut en général s’imprégner de sa culture et de son mode de vie. Il cherche à améliorer ses compétences linguistiques ou à ouvrir ses horizons professionnels.
  • Votre profil : Vous voulez découvrir un autre art de vivre et cherchez une situation confortable ou un job équivalent à ce que vous aviez en France. Vous aimez la nouveauté et êtes prêt à changer vos habitudes. Côte travail, vous cherchez à donner un tournant international à votre carrière et à passer un échelon supplémentaire ou un job vous garantissant une certaine sécurité à poste équivalent.
  • Le polyvalent : il se situe entre les deux. Il peut s’installer quelques mois dans une ville et voyager le reste de l’année, ou alors voyager énormément, pendant de courts ou moyens séjours, mais en ayant toujours le même point d’attache.
  • Qui peut vous renseigner ?

Souvent, deux situations se présentent lorsque vous décidez de partir :

  • Vous savez exactement où vous voulez aller et qui contacter ;
  • Vous êtes totalement perdu ;

Dans ces deux cas, il est toujours intéressant de questionner certains organismes pour vous aider car l’expatriation peut être un véritable casse-tête. Pour n’en citer que quelques-uns :

  • La Maison des Français de l'Etranger : fait partie des lieux que tout futur expatrié devrait fréquenter avant le grand départ. Elle met à disposition des cadres des offres d'emploi internationales et organise aussi des ateliers CV ou lettre de motivation. Elle édite également le « Livret du Français à l'étranger », véritable bible pour tout candidat à l'expatriation.
  • Le Pôle Emploi International : il offre toute une gamme de services axés sur l'emploi et la mobilité internationale. Il vous propose de rencontrer des experts du droit du travail du pays convoité. L'occasion d'aborder des questions juridiques comme la fiscalité, la protection sociale, les contrats de travail...
  • L'Union des Français à l’Etranger : elle propose une myriade d'informations sur les démarches d'accès à l'emploi : la reconnaissance des diplômes, le droit du travail, la création d'entreprise...
  • Le Réseau Européen de l’Emploi (EURES) : la plateforme aide les demandeurs d'emploi à se rendre à l'étranger pour rechercher un emploi en Europe.

Vous pouvez également contacter des associations d’expatriés qui peuvent vous aider à optimiser votre recherche de job et faciliter votre insertion dans votre nouveau pays. C’est également un large réseau de contacts professionnels et d’employeurs potentiels. Vous pouvez aisément les solliciter sur leur groupe Facebook ou leur site.

Comme souvent dans nos articles, nous vous conseillons aussi d’en parler à votre réseau de diplômés ou de vous renseigner auprès de votre Carreer Center.

  • Les différents contrats

De multiples possibilités sont à votre portée si vous souhaitez partir :

  • Le VIE : Le volontariat international en entreprise ou dans l’administration s’adresse aux 18-28 ans. Il permet de mener un projet professionnel à l’étranger tout en bénéficiant d’un statut public protecteur. Les missions durent de 6 à 24 mois et sont renouvelables une fois. Les volontaires sont placés sous la tutelle de l’ambassade de France du pays d’accueil.
  • Le Permis Vacances Travail : il est ouvert à des jeunes de 18 à 30 ans (35 ans pour le Canada) et permet de rester 12 mois dans un certain nombre de pays en toute légalité. Assez facile à obtenir, il est toutefois soumis à un quota dans certains pays. En revanche, il n'exige pas d'avoir trouvé un emploi avant de partir. Il est donc idéal si vous cherchez à mixer petits jobs et grands voyages !
  • Un Stage : Il existe d’autres solutions pour partir à l’étranger, des solutions souvent plus accessibles, plus avantageuses et plus formatrices, d’autant plus si vous bénéficiez encore du statut étudiant. Le stage enrichira votre CV, rassurera votre futur employeur sur votre capacité d’adaptation et la maîtrise de la langue dans un contexte professionnel ou quasi-professionnel, et vous fera bénéficier d’une première expérience extra-hexagonale.
  • Le service civique (pour les 16-25 ans) et le service volontaire européen (pour les 18-30 ans) permettent de se mettre au service d’un projet d’intérêt général à l’étranger pour un maximum de 12 mois.

… et bien entendu les contrats locaux, pour lesquels nous vous conseillons de bien vous renseigner. Pour éviter les mauvaises surprises, prêtez attention au droit du travail applicable, à vos droits et protection (assurance maladie, retraite…).

  • Adaptez vos candidatures aux pratiques du pays ciblés

La rédaction d’un CV pour la recherche d’un emploi à l’international doit se faire selon les règles du pays.

Une autre pratique courante pour des jobs très qualifiés est de faire reconnaître son diplôme.  Prenez conseil auprès de votre université/école ou entamer une procédure auprès du centre ENRIC-NARIC du pays qui vous intéresse. Cette dernière est payante et les démarches varient d’un pays à l’autre.

  • A la recherche du précieux job

Vous avez identifié quel expat’ vous seriez, le pays rêvé et le type de contrat qui vous correspondent ? Il est donc temps de vous équiper (de votre CV) et de vous armer de patience pour trouver le job qui vous conviendra. Pour cela, 3 scénarios s’offrent à vous :

La voie royale (ou de la patience) : Vous trouvez un job dans un groupe international en France. Il peut s’agir d’une entreprise française qui détient des filiales dans la destination qui vous intéresse ou une entreprise native du pays en question. Assurez-vous que des postes ou des VIE y sont proposés et soyez performant pendant les 12-24 prochains mois !

             Les plus : Déménagement, logement et démarches administratives sont pris en charge par              l’entreprise, ainsi que des indemnités d’expatriation.

La voie « prudente » : Vous cherchez un emploi depuis la France. Vous épluchez les annonces sur les sites internet des entreprises qui vous intéressent particulièrement, les sites spécialisés comme Ubifrance ou Civiweb… N'oubliez pas que les PME/PMI sont de formidables viviers d'emplois à l'étranger ! Pour les plus audacieux, n’hésitez pas à faire le choix d’une approche directe en vous constituant un réseau de recruteurs et décideurs localisés dans le pays cible via Linkedin. Il faut jouer sur la quantité et la qualité pour que statistiquement vous soyez sûr d’avoir un job. Enfin, vous pouvez participer aux nombreux salons sur la mobilité internationale ou l'expatriation qui sont organisés régulièrement par les ambassades ou par des associations.

Les plus : Cela vous permet de prendre votre temps et de vous renseigner un maximum au fur et à mesure de vos rencontres. Elle est en effet moins risquée qu’une recherche directement sur place qui pourrait se conclure par un échec.

« L’aventure » : Si l’inconnu ne vous effraie pas, vous pouvez chercher un job une fois arrivé(e) à destination. Dans presque tous les pays, vous pouvez rester quelques mois (en général, trois) muni d’un simple visa touristique afin de chercher un emploi. Mais ne vous attendez pas à l’Eldorado :  les marchés du travail sont la plupart du temps très protégés et fermés aux étrangers sans visa adéquat, à l'exception des pays européens. N’hésitez pas à commencer par des jobs ne nécessitant aucune qualification particulière. L’hôtellerie-restauration ou le commerce sont par exemple des secteurs qui recrutent souvent des étrangers.

Les plus : Vous n’en pouvez plus de rester en France et ne souhaitez pas attendre pour vivre votre rêve d’exotisme, cette méthode a le mérite de vous mener directement à destination.

« L’entrepreneuriale » : Si vous n’arrivez pas à trouver du boulot. Une alternative existe : créer son entreprise. Certains pays offrent des visas aux entrepreneurs. L’obtention de ces permis nécessite quelques conditions comme un niveau dans la langue natale correct et une somme d’argent suffisante de côté. En Australie, par exemple, deux permis permettent de créer une entreprise : le Business Innovation and Investment visa ou le Skilled – Independent visa. Au Canada, il existe 3 programmes d’immigration pour les gens d’affaires dont le Programme des entrepreneurs. Dans tous les cas, comme en France, renseignez-vous bien sur la faisabilité du projet, avec études de marché, contacts locaux, business plan…

Travailler à l’étranger se fait rarement sans préparation, renseignez-vous sur le marché du travail du pays, les contraintes légales et réglementaires et n’oubliez pas qu’au-delà de nos frontières, les mentalités, les habitudes, la façon de travailler sont différentes.

Quoi qu’il en soit, si vous aussi vous souhaitez partir travailler à l’étranger, alors foncez !

partager avec vos amis :