Banques et assurances : pourquoi elles remportent la mise auprès des jeunes dans leur choix de carrière ?
- Témoignages
- vendredi 20 février 2026
- Paulina Jonquères d’Oriola
Dans un contexte marqué par l’incertitude, le secteur bancaire s’impose comme un choix rassurant et stratégique pour les jeunes, grâce à des carrières évolutives, une méritocratie assumée et des avantages compétitifs.

Les chiffres sont sans appel : chez les jeunes issus d’école de commerce, le secteur banques et assurances est largement placé sur le haut du podium (54%). Fait plus étonnant, il est aussi l’élu du cœur des universitaires (26%), et le cinquième secteur le plus attractif pour les ingénieurs selon notre dernière étude “Jeunes diplômés, les nouvelles règles pour recruter en 2026” menée avec l’EDHEC. Comment expliquer un tel attrait dans leur orientation professionnelle ? Explorons le secteur en duo avec le Crédit Agricole Lorraine qui nous embarque sur le terrain.
On pourrait croire que les jeunes se détournent des secteurs “traditionnels” pour jeter leur dévolu sur les filières dites à “impact” ou encore la tech. Pourtant, les chiffres prouvent le contraire : les banques et assurances attirent encore massivement les jeunes, dans un contexte économique marqué par l’incertitude et les mutations du marché de l’emploi.
Pour Elodie Gentina, Professeure à l’IESEG et spécialiste de la Gen Z, tout ceci est à analyser au regard des crises qui se succèdent dans le monde : précarisation de certains métiers, tensions géopolitiques, Covid, crise économique… “Dans ce contexte, le secteur banques et assurances incarne la stabilité de l’emploi, avec un CDI passeport d’évolutions en interne”, résume-t-elle.
Le secteur convoque ainsi des “valeurs refuge” pour une génération très stressée par son avenir professionnel, comme en témoignent les chiffres édifiants côté santé mentale. “Cette lisibilité dans les carrières est très rassurante pour les jeunes. Certes, ils sont mobiles, mais s'ils se sentent bien dans une entreprise, qu’elle répond à leurs attentes professionnelles, ils peuvent y rester à condition de pouvoir changer de métier ou a minima de missions régulièrement”, explique l’experte.
“J'ai choisi les métiers de la banque pour la relation client, la diversité des missions confiées ainsi que les perspectives d'évolution. J'ai toujours eu l'image d'un secteur formateur et dynamique. Depuis toujours c'est un domaine qui m'a attirée”, nous confie Célia, jeune conseillère clientèle particuliers pour le Crédit Agricole.
Méritocratie et mobilité dans les carrières en banque
Si le secteur plaît tant, c’est aussi car les jeunes peuvent y mener des parcours fondés sur la méritocratie, au sein de grands groupes financiers. C’est ce que nous confirme Bertrand Brajon, Directeur commercial au sein du Crédit Agricole de Lorraine.
“Cela fait partie intégrante du contrat moral qui nous lie aux jeunes. Chez nous, l’ascenseur social est très fort ce qui fait qu’une bonne partie de nos effectifs a “le sang vert” et ne se verrait nulle part ailleurs. On peut profiter de mobilités en France ou à l’étranger grâce à nos passerelles même si certains de nos parcours sont exigeants”, raconte-t-il. Même son de cloche du côté d’Anne-Lise Robert, RRH pour la caisse de Lorraine, qui cite l’exemple de directeurs adjoints qui ont commencé au guichet. “Dès lors que les profils sont motivés, nous mettons tout en place pour les accompagner jusqu’au plus haut niveau”, explique-t-elle.
Pour ce faire, le Crédit Agricole fonde sa politique de recrutement avant tout sur le savoir-être en testant rapidement les capacités d’apprentissage. Ainsi, tous les profils ont leur chance (bien sûr, certains fondamentaux sont exigés), et les métiers de la banque ne sont pas réservés aux seuls jeunes bardés de diplômes - un atout dans un contexte de pénurie de talents et de tensions de recrutement.
La star académie version Crédit Agricole :Toutes les jeunes recrues transitent par l’école interne du Crédit Agricole. Il s’agit de 5 mois de formation théorique et de mise en pratique en agence. Ainsi, le jeune conseiller bénéficie d’un réel accompagnement avant de prendre son portefeuille de clients. “À l'académie, ce qui m'a plu, c'est le partage d’expériences entre collègues des différentes agences. Cela permet d'échanger sur les différentes techniques de vente et de bénéficier du savoir et des bonnes pratiques de chacun”, témoigne Célia.
Des employeurs ancrés dans les territoires, piliers de la sécurité de l’emploi
L’autre gros point fort de ces structures est leur maillage territorial : par exemple, vous trouvez une caisse Crédit Agricole tous les 15 km maximum. Et cela fait mouche auprès des jeunes dans leur choix de carrière. Bertrand Brajon nous explique ainsi qu’il s’agit d’un point de vigilance récurrent chez ses jeunes recrues. “Ils ne sont pas si mobiles que cela géographiquement parlant. Ils ne s’expriment pas en km mais en temps et ne souhaitent pas être à plus de 30 minutes de leur domicile”, témoigne-t-il.
Pour Elodie Gentina, les banques et assurances ont effectivement des atouts à faire valoir en termes de qualité de vie : des horaires prévisibles, de nombreux congés, et la possibilité de télétravailler une fois par semaine quand les postes le permettent (pas de face à face client ou de problématiques de cybersécurité).
Un package global attractif, au cœur des attentes professionnelles
Impossible d’éluder la thématique de la rémunération qui demeure au cœur des préoccupations de la Gen Z sur le marché de l’emploi. Sur ce point, Bertrand Brajon nous confie que les rémunérations fixes ne semblent pas, à première vue, être les plus élevées du marché, mais qu’elles s’avèrent bien plus attractives quand on jette un œil au Bilan Social Individuel (BSI).
Treizième mois, intéressement pouvant représenter un quatorzième mois, mais surtout des taux d’intérêts de -30% par rapport au marché actuel : un gain mensuel colossal, dénué de fiscalité pour couronner le tout. “C’est extrêmement attractif pour les jeunes dans un contexte où l’immobilier est difficile pour les primo-accédants. De plus, la progression lisible de leur rémunération via des grilles les rassure sur leur pouvoir d’achat à venir”, analyse Elodie Gentina.
“Découvre mon job” :Un autre dispositif permet aux jeunes de découvrir d’autres métiers et services à travers une sorte de “vis ma vie”. Le Crédit Agricole identifie en amont les profils évolutifs et les prépare à leur prise de poste grâce à ces immersions ou encore des universités internes diplômantes reconnues en dehors du Crédit Agricole.
Des métiers de la banque en transformation
Même si notre interlocuteur concède que les logiciels utilisés en agence sont parfois quelque peu old school, il n’en demeure pas moins que le secteur bancaire et assurantiel a rafraîchi son offre de produits et de métiers via les services en ligne.
“Digitalisation, cybersécurité, IA, data, mais aussi gestion des risques via un fléchage des investissements sur la base de critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) pour mieux appréhender le risque climatique… Les métiers de la banque et de l’assurance se transforment”, note Elodie Gentina.
La formation managériale au coeur du réacteur
“Nous investissons fortement dans la formation managériale, dès l’amont, pour préparer nos managers à leur rôle RH et à l’accompagnement des équipes”, précise la DRH. Un référentiel managérial commun, aligné avec le modèle relationnel du groupe (transparence, droit à l’erreur, symétrie des attentions), structure leurs pratiques. Formations ciblées, 360°, coaching et codéveloppement renforcent leur posture de managers-relais sur le terrain.
Comme partout, il faut encore et toujours donner du sens, notamment en reverdissant l’image d’un secteur bancaire, parfois encore assimilé à une industrie traditionnelle dans l’imaginaire collectif. Génération paradoxale, oui, mais pleine d’avenir pour les banques et assurances.